Frustration en saignant — TIC dans les écoles (mis à jour)

Retour au travail agréable le lundi 5 janvier dernier : je revois avec plaisir les collègues et, après les épisodes de rhume-grippe de ce monde qui frappèrent solidement plusieurs d’entre nous pendant les Fêtes, je me sens un peu mieux…

Puis la nouvelle tombe : les appels d’offres, concernant l’achat de matériel techno-pédagogique, que j’attends personnellement depuis août dernier (procédures d’achat retardées au 1er décembre pour le dépôt de l’appel d’offres, etc.), ont été bloqués ! QUOI ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Non, mais… Etc. Tout ça me lève le coeur, me monte à la gorge, j’ai envie de crier de désespoir, mais que puis-je y faire, tout se passe si haut et si loin de nous, pauvres mortels sur le plancher des vaches 🙁

Et hop, on re-re-re-re-re-retarde encore et encore et encore des projets qui pourraient motiver nos élèves souvent en difficultés, les aider à réussir par delà cette motivation, etc. Tant de choses re-re-re-re-reportées. Frustration. J’en saigne… (D’où le titre, vous l’aviez deviné.)

Tout ça s’ajoute à un cocktail d’annonces plus pessimistes les unes que les autres qu’on nous avait poivrées juste avant Noël… Ça finit par faire lourd à digérer, tout ça.

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max20eSiecleAlors, tout en exprimant quand même, sur le coup, un tout petit peu mon immense frustration sur les réseaux sociaux, je me suis aussi questionné publiquement : je voulais savoir pourquoi ce blocage ? Qui a bloqué ? D’où vient ce blocage ?… Parce que sans l’info, on peut imaginer un paquet de choses allant des lobbys puissants visant à imposer un produit quelconque (et dont souvent personne SUR LE TERRAIN ne veut) jusqu’à une procédurite aigüe provenant de l’immense structure souvent perçue comme castrante pour quiconque a des projets et veut les réaliser pour cette génération-ci d’élèves…

Aussi, je suis bien content que des gens aient eu l’idée de creuser le dossier. Il y a d’abord eu un billet de blogue de Mario Asselin qui faisait état de cette source d’information du CCSR (Centre collégial des services regroupés), centre par lequel on est cette fois passé pour cet achat de masse, laquelle info n’est pas très explicite et qu’on peut plus ou moins bien interpréter. Par exemple, en voyant une petite liste de 4 modèles ou types de tablettes, on pourrait déduire à tort que seuls ces modèles sont admis, et on ne connait pas tous très bien ces modèles… ou bien le milieu n’en veut tout simplement pas ou n’en a jamais fait la demande…

Puis, en jasant ici et là, au moins deux personnes, plus ou moins explicitement selon le cas, m’ont mis sur une piste tout aussi intéressante que déplorable : il y aurait eu des problèmes dits techniques avec la procédure d’appels d’offres et de soumissions. Mais alors de quel côté est le bogue ? me suis-je demandé. Les formulaires d’appels d’offres auraient été mal remplis ? Une source m’a alors dit que c’était une grande compagnie* qui aurait volontairement introduit des bogues techniques sur les formulaires de soumissions envoyés au CSSR, pour soi-disant protester contre la lourdeur de la procédure.

Cette information devait être “confirmée”, sans toutefois qu’on nomme la compagnie, par Yves Therrien le lendemain, dans son article paru dans Le Soleil du 9 janvier dernier.

Et là, mon questionnement se fit encore plus grand : mais pourquoi ? Pourquoi “casser du sucre” sur nos pauvres dos déjà surchargés par les lourdeurs du système, par la tâche, par les dernières nouvelles de nos dirigeants politiques qui ne savent pas vraiment ce qu’on fait réellement sur le terrain, qui nous abreuvent d’inepties en ces temps d’austérité, laissant planer le pire pour l’avenir de NOS enfants ? Etc. Et surtout, pourquoi mettre un frein à des projets élaborés pour ces enfants, afin de les aider à développer des compétences essentielles au 21e siècle dont le 1/6e est déjà passé, soit dit en passant ! Bref, la “folle du logis” s’est emballée un moment, le temps de me verser un café, de respirer un grand nombre de bouffées d’air, puis de (re)commencer à réfléchir.

Je comprends très bien que la procédure d’achat est d’une lourdeur incommensurable, ou presque. Il faut aussi dire que, depuis la saga scandaleuse des TBI payés bien trop cher, le gouvernement joue de prudence. Avec toutes les directives austères du Trésor actuel, il y a une raison de plus pour être frileux sur les achats. Je me suis même fait dire que la partie “contribuable” en moi devrait être heureuse, puisque “mon” argent était dépensé avec parcimonie et prudence, etc. Mais mon jupon de prof refusait de ne pas dépasser cette fois-ci, peut-être parce que ça fait trop d’années que j’attends de voir se concrétiser des projets qui me tiennent à coeur pour mes élèves et pour lesquels projets j’ai déjà investi beaucoup de mon temps et de mon énergie. Alors malgré que je comprenne la lourdeur de la procédure, que je comprenne qu’une grosse compagnie veuille probablement s’en affranchir et faire affaire directement avec les écoles ou les Commissions scolaires (CS), je déplore haut et fort que cette protestation de compagnie se fasse sur notre dos et qu’elle ait pour effet très pervers de tout arrêter encore une fois et que nous nous retrouvions devant rien OU PRESQUE.

J’ajoute “ou presque”, car, grâce à la bonne volonté de certaines personnes dans nos CS et dans nos écoles, des commandes plus petites (moins de 100 000$) pourront être passées et nous pourrons avoir UNE PARTIE de l’équipement requis pour la réalisation de certains projets. Par exemple, chez nous, ça devrait (au conditionnel—voir MISE À JOUR ci-dessous) être le tiers de l’équipement prévu. Concrètement, je ne sais pas encore comment ça pourra se réaliser : faire moins de projets parce que équipement moindre, rendre l’équipement plus mobile d’une classe à l’autre (avec les contraintes de réservations et de déplacements du matériel entre les pavillons…),  privilégier un projet dit plus important au détriment des autres projets. Bref, vous voyez allègrement le genre de choix déchirants qui seront à faire, tout ça si une autre brique ne nous tombe pas sur la tête entretemps, car on ne sait jamais en ces temps incertains.

Pendant ce temps, tempus fugit, comme on dit. Et comme je le disais plus tôt, après toutes ces années à attendre (activement, mais attendre quand même, avec des “en-attendant”**), après toutes ces déceptions accumulées, après que le 1/6e du 21e siècle soit passé déjà sans que l’intégration des TIC, presque omniprésente dans les sphères de notre société, n’ait toujours pas vraiment franchi le seuil des écoles***, après tout ça, donc, je me demande sincèrement si nous allons finir par entrer dans le 21e siècle quand les calendriers seront rendu… au 22e !

MISE À JOUR : 2015-02-16 :

1/3 de la commande prévue est arrivé depuis plus d’une semaine. Il y a eu bogue concernant les étuis des iPad : la commande de ces étuis a dû être reprise… Malédiction, dirait mon collègue. Le problème est sur le point d’être réglé, cependant.

Beaucoup de gens ont travaillé fort afin de concrétiser le tout, mais des obstacles demeurent. Comment, par exemple, gérer l’utilisation d’un charriot de plus de 150 lbs qui ne sera pas transportable d’un étage à l’autre (escaliers seulement)? Comment procéder pour réserver ledit charriot ? Etc.

Ça avance, au moins… c’est ce que je me dis. Et me répète.

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*Certaines sources m’indiquent le nom de LA grosse compagnie, mais je ne la nommerai pas…

**Les “en-attendant” dont je parle, c’est pallier le manque d’équipement :

  1. en continuant d’aller au laboratoire d’informatique (façon de faire un peu “années 1990” pour “pratiquer” les TIC au lieu de les intégrer vraiment, au quotidien)
  2. en demandant aux élèves qui ont leurs appareils de les apporter et de se relier au sans fil (une chance, dans ma CS, au secondaire du moins, nous avons un bon réseau). Ceux qui n’ont pas d’appareil doivent alors se jumeler à quelqu’un qui en possède un.
  3. en demandant aux élèves de faire des trucs chez eux, avec les équipements disponibles à la maison. Évidemment ici, pour ceux qui peuvent…

***Par contre, dans les écoles privées, les tablettes entrent actuellement en grand nombre, ces écoles n’étant pas soumises au même règles que les écoles publiques qui, regroupées en CS, forcent la procédure d’achats, ceux-ci dépassant alors facilement les 100 000 $ fixés comme limite. De là à dire que le gouvernement avantage le privé, il n’y a qu’un pas… que je ne franchirai pas (pas tout de suite !).

Automne gris foncé et grogne populaire…

JetouffeÇa fait 2 mois, depuis septembre 2014, chaque fois que j’écoute les actualités, que je lis un texte relayé par telle ou telle connaissance Twitter ou Facebook, ça fait 2 mois, donc, que j’ai un sentiment de déprime qui ne passe pas…

Ça fait 2 mois que le gouvernement Couillard, nouvellement élu du printemps dernier (l’été a été calme, lui), lance ballons d’essai par-dessus ballons d’essai… Tellement de ballons d’essai qu’on ne sait plus lequel finira par se concrétiser, car les volte-faces se succèdent au même rythme, ou presque, que les lancements de ballons. Tout ce qu’on réussit à savoir, c’est que “Tout doit être mis sur la table” et que “Aucune hypothèse n’est écartée”, même si, en éducation, le “sublime” ministre Bolduc (gaffeur professionnel de son second métier) finit par dire que, finalement, on ne touchera plus à ceci ou cela, que les mesures (à couper) qui touchaient les services aux élèves ne doivent plus être mises de l’avant par les Commissions scolaires, mais que les coupures doivent être faites quand même, etc. (Aucune administration ne se fera hara-kiri, tout de même…) Bref, la CONFUSION est semée dans tous les esprits. L’insécurité aussi. Et le gros bon sens s’éloigne lui aussi…

Parallèlement à tout ça, on sait que les employés de la fonction publique et du secteur para-public auront à renouveler leurs conventions collectives d’ici peu. Le prof que je suis fait donc partie de ce groupe… que je le veuille ou non. Évidemment, on voit poindre, même pas subtilement, des annonces que la caisse est vide, qu’il faut couper, se serrer la ceinture, etc., afin d’atteindre l’objectif du déficit zéro, et ce, pour hier de préférence. Tout ça me rappelle étrangement Lucien Bouchard et “son” déficit zéro de 1996… Mais cette fois-ci, j’ai l’impression, peut-être biaisée par plus d’expérience de vie (et plus de politiciens qui ont alimenté la machine à cynisme que nous devenons de plus en plus à mesure qu’on est plus… lucide !), que ce sera pire encore, du moins pour nous. Car on sait tous que les médecins (je n’ai rien contre eux, ceci dit) seront épargnés, l’actuel ministre de la santé (Barrette) ayant “négocié” d’avantageuses augmentations (pour les spécialistes, du moins) avant de passer dans le clan des ministres. De plus, avec 3 médecins aux premières loges du pouvoir, mettons que les autres médecins peuvent dormir un peu plus tranquilles, eux.

Toujours en même temps que tout ça, la classe moyenne, dont je fais partie, sera mise à mal, financièrement parlant… encore une fois. Actuellement, on ne sait pas trop comment ça se fera, mais trop d’hypothèses circulent présentement dans les journaux pour qu’il ne se passe rien au final. Nos politiciens font bien leur job de lancement de ballons d’essai en frappant potentiellement sur tout ce qui bouge, pour voir comment réagira l’opinion publique et les principaux intéressés avec ces coupures envisagées. Ces jours-ci, on parle des frais de garderies qui désavantageraient les familles qui comptaient là-dessus pour avoir quelque(s) enfant(s) de plus, question de renouveler un peu la population active du Québec, entre autres.

Couillard-Av-Ap

Demain, on parlera sûrement d’un autre truc encore… Un truc qui remet en question plusieurs des principes fondamentaux de nos programmes sociaux qui sont des choix de société. Et comme ce sont des choix de société, c’est en société qu’il faudrait en débattre. Et ces débats étaient LOIN d’être annoncés pendant la campagne électorale qui a conduit ces élus au pouvoir. Discours de campagne et discours une fois au pouvoir sont tout à coup presque diamétralement opposés (voir image ci-contre), et ce, peu importe le parti au pouvoir.

D’un autre côté, on sait que, collectivement, on s’est fait flouer de moults millions par ces bandits et ces mafieux de la “construction” et de l'”ingénierie”, proches amis des politiciens au pouvoir, et que rien ne sera fait pour récupérer ne serait-ce qu’une partie de ces millions, l’autre partie étant engloutie en frais d’avocats de toutes sortes, j’imagine, si jamais des démarches avaient été entreprises…

Bref, on se sent assaillis de toute part, la morosité ambiante nous envahissant petit à petit. Ne restera, pour les politiciens au pouvoir, qu’à frapper sur ceux qui seront le plus à terre et, hop!, le gouvernement deviendra soudainement plus “rentable”, comme si c’était une entreprise qui doit faire des profits : voir à ce sujet l’histoire du gouvernement fédéral qui refila jadis aux provinces… qui, elles, songent à refiler encore plus aux municipalités… et donc, en bout de ligne, toujours au sempiternel con…tribuable qui n’a qu’à payer et payer encore.

Et ceux qui “chiâleront” (se plaindront) le plus fort finiront par se faire respecter (comme les médecins spécialistes, par exemple?), comme si la seule façon d’avoir le respect en 2014 était de gueuler le plus fort et de faire le plus de pression possible sur le gouvernement. Mais qui peut se permettre de faire ainsi pression ? Qui a ce pouvoir ? Ou qui osera ? Après tout, ce sont nous qui élisons ces gouvernements… mais sûrement pas sur la base des promesses électorales dont les élus se moquent à qui mieux mieux une fois le pouvoir obtenu…

Ça ressemble à une autre situation, par exemple, quand un client est insatisfait d’un produit : s’il chiâle bien et aux bonnes personnes, il arrivera à payer moins cher (voire pas du tout) la réparation d’un bris qui n’est pas supposé survenir si tôt dans la durée de vie du produit, etc. On vivrait donc à une époque où il faut faire savoir son mécontentement très fort, jusqu’à ce que le gros bon sens refasse surface… parfois.

En plus, il a été démontré, par le FMI lui-même, que les politiques d’austérité ont un effet pervers pire encore que celui qu’elles veulent combattre.

Alors, devant ces bêtises, saurons-nous nous mobiliser collectivement en cette époque paradoxale où l’égoïsme ou l’égocentrisme semble roi et maitre au moins autant que le chiâlage ?

À suivre !

Les cellulaires à l’école… et quoi encore ?

Ce billet se veut la suite du précédent, dans lequel il est question de la discussion que j’ai menée avec mes élèves au sujet des cellulaires à l’école.

Mise en contexte : le vendredi 2 mars 2012, à la suite d’une invitation de la recherchiste de l’émission Maisonneuve en direct, Gabrielle Cimon, à me joindre au débat ressorti ce jour-là par le texte de Chantal Potvin, une enseignante désespérée par la prolifération des cellulaires dans notre société, particulièrement à l’école, j’ai finalement décidé de mener une discussion avec le groupe d’élève avec lequel j’avais un cours lors de cette période-là et de faire parvenir les propos des élèves à madame Cimon par courriel, vu que je ne pouvais être présent par téléphone pendant l’émission. Des phrases de mes élèves ont été lues en direct. On retrouve l’intégralité du texte des élèves et le mien dans le billet précédent.

De plus, le 22 mars dernier, je prenais connaissance d’un autre texte où il est encore question d’enseignants frustrés par la prolifération du cellulaire… Soupirs ! Et je ne parle pas du désormais “célèbre” pourrisseur du web qui nous fait part de ses pièges aux élèves ici et qui fait réagir grandement (1, 2, 3, 4 (compilation de réactions), 5, 6, etc.)

Maintenant, voici mon opinion sur le sujet des cellulaires et des technologies en général à l’école.

Comme l’électricité au 20e siècle a apporté une accélération formidable de la vie quotidienne en général, les technologies d’aujourd’hui (particulièrement les réseaux sociaux) apportent une formidable amplification des comportements (disait André Caron à l’émission Maisonneuve en direct du 2 mars), les bons comme les mauvais (ajouté-je). Il faut donc éduquer à cette amplification et aux comportements socialement reconnus comme bons et mauvais, comme toute société de chaque époque a toujours dû éduquer ses jeunes (et moins jeunes qui s’égarent parfois!). Donc aujourd’hui, il faut éduquer au numérique, ET ÇA PRESSE !…

Personne aujourd’hui ne voudrait abolir l’électricité, cela semble être une évidence, sauf peut-être pour quelques groupes marginaux désirant vivre en … marge de la société, justement. Probablement que personne demain ne voudra abolir les cellulaires non plus, ou les autres appareils mobiles. Nous sommes toujours dans une époque transitoire par rapport aux technologies qui émergent… Il est donc normal, pour un temps, de retrouver ce genre d’attitudes ou de comportements de la part des gens qui disent que «c’était bien mieux avant, dans l’ancien temps, etc.» (L’école a aussi vécu ça avec l’arrivée de l’ardoise, du style à bille, des transparents (acétates), de la vidéo, etc.) Mais ce genre de “raisonnement” ne peut faire qu’un temps, car la roue continue de tourner, la société d’avancer, et il faut bien finir un jour par prendre le taureau par les cornes, sinon nous aurons perdu énormément de temps et d’énergie à résister au changement qui finit par s’imposer de toute façon. Alors autant consacrer nos énergies tout de suite à définir ensemble ce qu’on veut faire des outils avant qu’on nous impose des usages, etc. Soyons pro-actifs !

(Évidemment, à propos de l’électricité ou autre inventions, je ne fais que déduire certaines choses ici, car je suis trop jeune pour me rappeler l’apparition du téléphone “ordinaire” ou l’avènement de l’électricité, cette chose étrange qui apportait avec elle bien des nouveaux appareils facilitant la vie quotidienne, etc. Suscitant parfois la crainte comme lors de l’apparition de l’automobile, etc.)

On peut poser la question autrement : peut-on vivre sans cellulaire ? Certains diront oui, pour encore un certain temps… On pourrait aussi se demander si on peut vivre sans électricité. Personne de sensé aujourd’hui, en 2012, pourrait dire oui. En même temps, comme je le disais ci-dessus, bien sûr qu’on peut vivre (ou survivre) sans électricité : la preuve, lors de pannes électriques, notre coeur continue de battre et on sort le petit poêle au butane ou son barbecue pour se faire un café 😉 ! Mais ce n’est pas ce que j’appelle vivre sans électricité de façon continue ou durable.

De plus, si on continue de pousser le raisonnement, on pourrait même se demander si on peut vivre sans agriculture ou sans élevage et ne survivre que de chasse, de pêche et de cueillette de fruits sauvages… comme il y a des milliers d’années. (OK, je l’admets, ça me tentait de charrier un tout petit peu, mais il y a quand même une partie potable à ce raisonnement poussé dans ses derniers retranchements 😉

Rendu à cette limite, on se fera vite accuser d’utiliser un raisonnement tordu, que pour les cellulaires, ce n’est pas pareil, etc. Ce à quoi j’ai immédiatement envie de répondre : «Ah oui ? Ah bon !»

Je trouve personnellement que chaque époque apporte ses améliorations, ses innovations… et ses problèmes aussi, bien sûr. Jouer à l’autruche n’aidera en rien, d’un côté comme de l’autre… Je ne me souviens pas avoir vu une société entière renier son époque ou les technologies de son époque au point d’en bannir l’usage au grand complet. (Si cela s’est produit et que vous avez un exemple, dites-le-moi et je vous en remercierai.) Alors, me dis-je, autant faire avec et éduquer à un bon emploi de ces technologies, et ce, le plus rapidement possible afin, justement, d’éviter un trop grand nombre de dérives !

Pour ce qui est de l’école, je dis simplement ceci : une école qui nie l’existence des technologies, c’est une école hors de la société, mais qui souhaite pourtant éduquer les jeunes à la vie dans cette même société. Paradoxal, non ? De plus, l’école n’est plus ce sacro-saint sanctuaire du savoir, lieu exclusif où l’on s’abreuvait de connaissances… Oui, les profs ont encore des connaissances (je l’espère !), mais ils n’en ont plus le monopole. Peut-être que c’est vu comme une perte de pouvoir par certains et, comme toutes les pertes de pouvoirs, ça fait peur. Mais on pourrait aussi, comme enseignants, se demander sur quoi avons-nous encore du pouvoir et s’en servir, pour le bien de nos élèves (ne jamais l’oublier). Je crois sincèrement que nous avons du pouvoir sur les changements, que nous pouvons faire une différence si on sait saisir les opportunités. Mais pour cela, il faut être éveillé… et veiller, de cette veille active, sur le web et ailleurs.

Donc, les enseignants (tous) ont la responsabilité, dans cette société en évolution constante, de former les jeunes à un usage intelligent des TIC et de leur faire développer, en collaboration avec tous les acteurs (*), les compétences nécessaires pour ce faire. Pour éduquer aux technologies, on n’a pas à tout connaitre des détails techniques de ces outils technologiques, mais on a à repenser la pédagogie (et l’évaluation) en lien avec l’utilisation de ces technologies qui changent les façons de faire, les façons de créer du contenu, les façons d’interagir dans la société en général, etc.

(*) Les acteurs autres que les enseignants sont tous les secteurs reliés à l’enseignement, entre autres les services informatiques, qui doivent être au service (le mot le dit, non ?) de la pédagogie, qui doivent s’asseoir avec les pédagogues afin de répondre aux besoins (parfois criants dans certaines commissions scolaires), qui doivent être au centre d’un climat de collaboration, et non dans une tour d’ivoire obsédée par la sécurité uniquement comme on voit à certains endroits. Pour éduquer les jeunes, il faut un réseau ouvert, connecté au réel, et non un vase clos avec des murs ou des filtres à outrance. Et ça, les services informatiques commencent à le comprendre à certains endroits, selon moi.

 

En terminant, quelques objections en lien avec certains arguments souvent utilisés :

Les dépendances :

-Des esclaves de la télé, ça existe. Des esclaves de n’importe quelle technologie, ça existe. Il faut donc contrer ces esclavages, les prévenir le plus possible, tout en étant conscient des avantages des technologies.

L’enseignement vs les apprentissages :

-On entend trop souvent : «Mais on est dans un milieu d’enseignement». Ce à quoi je réponds : «Eh oui ! Et on n’est pas dans un milieu d’apprentissage et/ou de réussite…?» Qu’est-ce qui est le plus important ? Une fois que nous aurons répondu à cette question, on pourra avancer.

 

Bref, selon moi, OUVERTURE ET ÉDUCATION, plutôt qu’interdiction et censure.

 

P.S.: Il faut de plus être conscient que, de plus en plus, le sensationnalisme médiatique fausse (à divers degrés selon les situations) le débat plus souvent qu’à son tour. En effet, de plus en plus de médias, soucieux de leurs cotes d’écoute avant toute chose, tombent dans ce sensationnalisme qui se répand trop souvent comme une trainée de poudre, rognant chaque jour un peu plus d’objectivité à l’information pure. Évidemment, aucun de ces concepts n’existe à l’état pur à 100% dans la nature (humaine). L’information comme l’opinion et le sensationnalisme se partagent toujours un évènement comme des gens se partagent une tarte. Reste juste à savoir qui réussit à s’emparer de la plus grosse portion. Et ça, ça ferait tout un… débat 🙂 !!!

C’est un peu comme les politiciens qui vivent un peu trop d’après les sondages et les cotes, eux aussi… Trop souvent.

 

Clair2012 – les tweets

Avant de faire ma synthèse du colloque-barcamp Clair2012, permettez-moi de mettre en ligne (enfin, diront certains) la compilation presque complète des gazouillis (tweets) postés avant, pendant et un peu après l’évènement Clair2012, tenu à Clair, NB, à l’école C@HM.

D’abord quelques statistiques ainsi que la méthode approximative utilisée pour trouver quelques résultats…

Dans le logiciel Pages (Word plantait), j’ai copié-collé tous les tweets récoltés par petits (!) fichiers dans TextEdit, un traitement de texte très “de base” mais qui permet de conserver les images des gens qui twittent. Fichier obtenu = 753 pages :-))) J’ai ensuite transformé le tout en fichier “texte pur” (.txt) et j’avais alors 450 pages quand même.

En faisant quelques recherches par mots clés dans cet énorme fichier texte, j’ai obtenu ceci :

nombre de tweets approximatif : 4500. (Explication un peu plus bas dans ce billet)

tweets mentionnant (ou émanant des) les usagers suivants :

C’est tout pour la catégorie 200 tweets et plus !

Si quelqu’un a d’autres noms à me soumettre, faites-le en commentaires de ce billet, svp ! Merci ! Il se peut fort bien que j’en aie échappé quelques uns parmi nos plus actifs 😉 !

J’ajoute ici en terminant ce petit “palmarès” que la conférence la plus “twittée” fut sans contredit celle de @ewanmcintosh, puisque j’ai été “obligé” (juste pour être sûr) de faire 3 copier-coller PENDANT la conférence, alors que pour les autres, je pouvais attendre (de justesse, il est vrai) à la fin de la conférence, après avoir mis à jour la compilation juste avant le début de chacune.

LES FICHIERS :

Les voici :

MISE À JOUR seront faites (avant le début de ce billet) avec les tweets diffusés après le 15 février 2012 AM… À surveiller sur Twitter, je l’annoncerai.

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Explications :

J’ai utilisé au départ search.twitter.com avec “#Clair2012” comme mot-clé recherché. Ce site donne les dates et heures de façon relative, alors les “1 hour ago” datent du moment où j’ai fait la compilation ou l’affichage de ces données… Pas très pratique.

Par la suite, search.twitter.com a planté solide, alors je me suis tourné vers tweetchat.com, grâce à @ProfNoel (111 comme “score”), lequel affiche les dates en valeurs absolues.

Pour connaitre la totalité des tweets, 2 méthodes étaient donc possibles :

1-Rechercher toutes les occurrences du mot “ago” dans les dates relatives et additionner toutes les occurences du mot “Feb” dans les dates absolues, ce qui donne 1297 + 3179 = 4476 tweets

2-Rechercher toutes les occurences de “#Clair2012”, ce qui donne 4276. J’aurais donc, dans ma liste, 200 tweets où il ne serait pas écrit #Clair2012 directement ? En enlevant le #, j’arrive à 4326 tweets : autre bizarrerie que j’ai n’ai pas le temps de creuser. Encore là, si quelqu’un trouve, commentez ! Merci !

3-De plus, entre les 2 façons de recueillir les tweets, j’ai “perdu” environ 140 tweets que j’ai tout de même conservés en prenant 35 captures écran de ma colonne Tweetdeck, chacune des captures contenant 4 tweets (parfois 3, car je me rappelle avoir fait au moins une erreur de capture… 35 X 4 = 140 tweets.

Voilà donc comment j’en arrive à estimer autour de 4500, le nombre de tweets total rédigés du 2 au 15 février à propos de Clair2012.

Évolutions – Révolutions – Que choisir ?

Vendredi soir dernier, se tenait à Québec un TweetUp Édu (TweetUp = réunion de gens présents sur Twitter, mais réunion en personne, généralement autour d’une bière ou autre breuvage du genre, dans un lieu où l’on peut discuter tranquillement de choses et d’autres, refaire le monde à l’occasion, échanger en temps réel tout en mentionnant quelques trucs au clavier, car après tout, les “twitteux” sont un peu hyperactifs du clavier, non ? / Édu, quant à lui, signifie Éducation / Donc, au final, une réunion de twitteux qui oeuvrent en éducation pour la plupart, ou qui s’y intéressent grandement…)

okpoint-vert_vhnPersonnellement, je n’ai pas pu assister à ce TweetUp au cours duquel, étrangement, presque personne n’a tweeté/gazouillé, ce qui est quand même un peu-beaucoup étrange pour une réunion de twitteux, non ? Mais bon, passons, car là n’est pas l’essentiel de mon propos, même si, quand je ne peux assister à un tel événement, j’aime bien avoir une trace, un feedback, un compte rendu, via Twitter, ce que j’essaie toujours de faire moi-même au cours de colloques ou autres non-conférences, comme quand j’ai assisté à Clair 2010, Génération C, etc. L’enrichissement peut alors être mutuel, collectif au sens encore plus large, etc. Plus on est nombreux à discuter, plus ça peut devenir enrichissant, non ? Etc.

Mais là où je veux en venir, c’est à propos d’un début de discussion qui s’est passé non pas sur Twitter, mais chez une amie Facebook qui, comme moi, ne pouvait assister au TweetUp de vendredi dernier.

Comme moi, elle s’est informée en posant des questions, car elle ne voyait presque rien qui transparaissait de ce TweetUp. Puis quelqu’un est arrivé avec un mini-compte rendu d’une discussion sur le système d’éducation qui aliènerait en quelque sorte l’Éducation en général… Disons que ce commentaire Facebook était simplement un résumé très succinct d’une discussion qu’il aurait été intéressant de suivre  en temps réel et que nous devrons sans doute faire à notre tour, nous les absents de vendredi… (Tout ça pour dire que, bien qu’il me manque beaucoup d’éléments de CETTE discussion en temps réel de vendredi, on a quand même pu discuter parallèlement sur Facebook le lendemain !)

Face à ce truc d’aliénation de l’éducation en général, je me permets d’avoir des réserves face à toutes ces révolutions-bulldozers qui ont tendance à trop «tout démolir» pour tenter de rebâtir à partir de rien. «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», dit la phrase consacrée. «Il y a toujours place à l’amélioration» est une phrase que j’aime bien prononcer régulièrement, mais de là à toujours tout démolir pour améliorer, il y a un ou plusieurs pas que je ne peux pas franchir. D’un autre côté, il est évident que la théorie des petits pas permet parfois de se satisfaire (ou de se complaire) de trop peu d’évolution, mais je pense que de passer le bulldozer trop souvent ne permet pas d’évoluer non plus. Bref, il y a un équilibre entre l’évolution trop linéairement graduelle et la tabula rasa ! On doit parfois gravir de petites marches et parfois de plus grandes, dans cet escalier de l’évolution qui est tout, sauf une ligne droite du genre “autoroute américaine” !

Le commentaire que je faisais en substance dans la discussion chez mon amie Facebook était le suivant: c’est un peu comme si on avait affaire à un cercle (quelque chose de parfois cyclique, peut-être, je ne sais pas d’où est sortie cette forme géométrique de mon esprit ;-)). Dans un cercle formé par une ligne droite (ou une ligne du temps) recourbée, deux extrêmes sont en fait le même point. Donc, vouloir le statu quo ou vouloir tout jeter par terre et repartir à zéro (deux extrêmes) peut finir par équivaloir au même point sur ce cercle… Alors l’équilibre se situe donc sûrement entre les deux, ce qui nous laisse tout le reste du cercle pour évoluer, créer, imaginer un lendemain meilleur, etc.

Bien sûr, l’évolution seule ne suffit parfois pas, il faut parfois ajouter un R, même minuscule, et alors parler de r-évolution… Je l’ai dit, la ligne droite insipide correspond rarement au réel, alors l’évolution n’est pas linéaire elle non plus. Il peut y avoir des soubresauts… Parfois, il peut même arriver qu’on recule pour mieux rebondir vers l’avant par la suite, mais il faut être vigilant dans ce genre d’exercice, comme société, si on veut éviter les écueils de la nostalgie faussement salvatrice, mais vraiment conservatrice !

Par la suite, l’amie Facebook me faisait remarquer que le TweetUp se passait au Cercle… et qu’un cercle qui avance effectue des révolutions… Ayayaye !!! On n’est pas sorti de l’auberge 😉 !