Bébé Léo :-)

Comme je l’avais fait en 2008 à la naissance de notre premier fiston, j’ai fait cet après-midi un petit montage photo (très amateur) pour la naissance du second. Le tout avec comme trame de fond, la saison en vigueur dans la cour… Les crocus sortaient aujourd’hui, avec le reste de banc de neige qui fondait, alors l’occasion était rêvée…

Sylvain Bérubé - ©2011

Bien sûr, ces moments sont remplis d’émotions agréables où les mots sont peu de chose… Alors c’est la joie totale de voir ce petit être. C’est aussi moins de sommeil, mais ça, c’est secondaire, comme on dit.

Comme au premier enfant, j’ai eu une musique dominante qui m’a habité pendant 2 jours environ.

Et, pour finir, comme au premier enfant, on va aller voter (au fédéral aussi) dans les jours suivant sa naissance ;-)) Décidément…

Bon dernier voyage, Marc !

C’était il y a tout juste 2 ans. Nous étions, ma conjointe et moi, allés rejoindre un couple d’amis qui séjournaient pour un an en Martinique (123).

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Le cata vu de loin... Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-20

Pendant notre séjour, j’ai fait la connaissance d’un gars fort sympathique, qui était devenu un ami du mien. Ce jour-là, il nous emmenait, mon ami et moi, sur la côte Est de la Martinique, dans le début de l’Atlantique, pendant que nos ‘blondes’ allaient visiter d’autres coins de cette fabuleuse île. Ce 26 mars 2008, c’était aussi mon baptême en catamaran. Un tout petit cata de 27 pieds, si ma mémoire est fidèle. Le rêve de ce navigateur chevronné et brave. Presque un peu fou… mais prudent quand même; après tout, il avait 2 enfants. En effet, fallait être presque fou pour aller chercher dans sa France natale ce catamaran et le ramener, seul, sur l’Atlantique, pendant ce qui allait finir par durer un mois, dont 3-4 jours de tempête effroyable à ne pas dormir, et 3-4 jours de calme absolu à faire du surplace. Les jours se suivent…









Mon ami et moi avons bénéficié des mêmes conditions au cours de ma journée-baptême.

MarcALaBarre-1
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

Un premier quatre heures très intenses, avec des vagues de 15-20 pieds (4-6 m) qui vous brassaient le cata à en faire craquer le mat. Ça m’inquiétait, mais mon orgueil de mâle me dictait instinctivement de ne pas avoir trop l’air de m’en faire. De plus, je voyais chez Marc un calme olympien du gars qui en a vu d’autres, à moins que ce n’eut été un calme de canard: calme en apparence, mais qui pédale très fort sous l’eau. Marc barrait à gauche et à droite sur les crêtes de vagues, afin de favoriser une descente au creux de la suivante sans trop de casse, ou juste pour ne pas nous faire trop arroser. Ou saler, c’est selon !

Lunettes salées: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Lunettes salées: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

(À preuve, nos lunettes fumées, juste après cet incroyable “trip” duquel j’étais ressorti les deux mains légèrement engourdies, à force de me tenir ici et là, sur les poteaux qui tenaient la structure au-dessus de nos sièges.)

Nous nous sommes ensuite réfugiés dans la Baie des Anglais, à l’abri de ces fouettants vents d’Est, le temps de reprendre notre souffle et un petit casse-croûte.

Puis, au retour, un vent moyen, mais régulier, de dos, qui favorisait le surf sur vagues. J’explique ce que Marc nous a enseigné ce jour-là:

-Tu places les deux coques perpendiculairement à la vague qui arrive, tu barres… et tu constates sur le GPS l’accélération foudroyante. (On doublait de vitesse: wow ! quelle magie !)

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

Bref, une journée inoubliable où se sont mélangés grandiose, sensation de petitesse infinie parmi les éléments naturels déchainés (mais si peu, au fond, quand on sait ce que Dame Nature peut faire de pire encore), crainte, confiance, joie, bonheur, vertige, faiblesse, force, exaltation, repos, éveil, stress, etc., sans oublier ces bons vieux gros rocks qu’on a entendus tout le long, que Marc chérissait et qu’il nous mettait plein gaz dans son système de sono 🙂 !

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Hier soir, mon ami essayait de me rejoindre pendant que je pratiquais de la musique avec un groupe vocal…

J’ai fini par lui téléphoner à la toute fin de la pratique.

HORREUR: Marc est décédé. Il n’avait même pas 40 ans ! Le cancer qu’il combattait depuis plus d’un an déjà a fini par le vaincre, malgré le dernier mois passé où finalement, Marc avait repris du poil de la bête. Un dernier soubresaut…

Les mots manquent devant ces choses. La seule phrase qui m’est enfin venue à l’esprit, une fois le choc initial encaissé lors du téléphone annonciateur, c’est la suivante: au moins, Marc aura eu la sagesse de ne pas attendre, dans son cas, pour réaliser son rêve le plus cher. Il l’aura vécu à l’image de ma balade inoubliable: intensité et brièveté…

La vie aura été trop courte pour toi, Marc. Pour nous aussi. J’espère que là où tu seras, tu feras un beau voyage… Ici, tes enfants et ta conjointe devront apprendre une chose extrêmement difficile: vivre avec l’absence, vivre avec le poids du deuil, sans possibilité d’oubli véritable.

Bon voyage, Marc !

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

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Quelques photos complémentaires :

La mer du retour: beaucoup plus calme que l’«inphotographiable» mer de l’aller…

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

Au loin: le rocher du Diamant et le Morne l’Archer

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

L’îlet Cabri et son phare: pointe Sud de la Martinique. Naviguer là requiert une expertise certaine… et un bon GPS !

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

Marc sortant de la cuisinette avec le café salutaire après les émotions fortes de l’aller…

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

Marc se préparant au retour à la Baie des Anglais.

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

La Baie du Marin, au retour…

Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26
Photo: Sylvain Bérubé - 2008-03-26

Tel père, tel fils ?

…ou comment peut-on grandir si vite !

Ici, pendant que maman travaille sur une feuille de tableur, bébé participe indirectement à un copier-coller involontaire. Son premier copier-coller à trois mois !!!

Ici, devant un dictionnaire qui traînait sur la table… Quelques secondes captivantes, puis on tourne la page ! (3 mois et demi : ça promet !)

Bébé Alexis :-)

Comme tout papa pour la première fois, je suis un peu gaga, ne vous en déplaise ! Mais ça va se passer, n’ayez crainte… en fait, ça ne passe jamais, mais ça se dose 😉

Alors voici notre fils Alexis, quelques jours après sa naissance (Le compte à rebours s’est transformé en compteur de jours en temps réel depuis la naissance… gracieuseté d’une erreur de programmation quelque part dans le widget !)


Depuis environ 3 jours (à partir du jour de la naissance), plein d’émotions m’habitent. Impossible de les nommer, les mots sont parfois inutiles ou incapables de traduire la richesse et la complexité de la variété des émotions…

Une pièce instrumentale (je sais, ça ne rejoint pas un large public, ce genre de trucs, mais dans mon cas, ça parle parfois bien plus qu’on pense…) m’a trotté dans la tête constamment depuis 3 jours : les solos, les différents riffs, tout y était avec une précision surprenante… Et cette pièce venait se jumeler au mélange d’émotions joyeuses de façon tout aussi transparente et limpide. J’en suis le premier surpris.

Alors si vous voulez “apprécier” le truc (du genre jazz-fusion-machin-pas-toujours-catégorisable(!)), vous pouvez toujours écouter la pièce suivante, sinon, pas pires amis pour autant 😉
Ça vous donnera une idée de la complexité des émotions – il serait même intéressant de tenter de traduire toute cette complexité musicale (écouter le solo de sax ou celui de la guitare) en une formidable équation dont le nombre de variables finirait par décourager le plus persévérant des matheux 😉

Pandas Dream – Dave Weckl BandPandas Dream – Dave Weckl Band

Et je rêve du jour ou fiston pourra jouer cette pièce avec papa qui se verrait très bien combler discrètement (mais très présent) les lignes de B3 (orgue) qui soutiennent admirablement bien l’ensemble dans cet extrait.