Clair2013 — 4e édition de Voir l’éducation autrement

Cette année, du 31 janvier au 2 février 2013, se tenait la 4e édition de l’évènement-colloque-barcamp, baptisé Clair2013, voir l’éducation autrement.

Cette année, malheureusement et pour plusieurs raisons, j’ai dû suivre à distance, même si je fais pourtant partie du comité organisateur du colloque… Il m’était donc pénible de ne pas revoir en personne ce groupe de passionnés, d’en connaitre des nouveaux (il y en avait plusieurs cette année, une majorité selon mes sources plus que fiables !), d’échanger sur la pédagogie d’abord (et les technologies ensuite) avec cette gang de gens allumés et innovateurs.

J’ai suivi les conférences grâce à la webdiffusion, superbement orchestrée par Jocelyn Nadeau (@jocenado) et toute son équipe de l’Université de Moncton, campus d’Edmundston (UMCE). Au moins, pendant ce temps — et lorsque Roberto Gauvin (@gauviroo), le directeur du CAHM, l’école où a lieu l’évènement, mentionnait quelques tweets en provenance de ces gens qui, comme moi, suivaient le tout de l’extérieur — on avait l’impression d’y être un tout petit peu.

Ce que je retiens du colloque, ce sont bien sûr les conférences où j’ai découvert, par exemple et très en vrac, le concept de feed-forward (en complément à feedback), où Darren Kuropatwa nous a livré une magnifique conférence pédagogique sur le concept d’histoire personnelle portée par chacun, où Sébastien Stasse nous a montré jusqu’où peut aller la technologie dans un futur assez proche. Voire étourdissant, même. Etc.

Ce que je retiens aussi, c’est le sentiment de manque… En n’étant pas présent physiquement, beaucoup de choses m’ont manqué. Beaucoup. Beaucoup de choses, mais aussi beaucoup manqué… Et je ne parle pas des ployes (!), car pour ça, j’ai reçu un colis de l’ami Roberto 🙂 Ce qui m’a manqué, outre la visite des classes et le contact avec ces élèves aux yeux brillants de découvertes, ce sont bien sûr les gens, les échanges informels qui fusent de partout lors du “vins et fromages”, ou de la visite des classes, par exemple. À ces moments, à travers les méandres imprévus de ces conversations spontanées, naissent et se tissent de ces liens superbes qui deviennent parfois des amitiés, parfois des inspirations professionnelles, parfois les deux, et beaucoup plus encore. À travers ces échanges, se construisent des réseaux qui nous mènent souvent beaucoup plus loin qu’on n’avait osé l’imaginer au départ. De ces merveilles-là, je me suis ennuyé. De l’énergie que ça nous donne pour continuer courageusement (clin d’oeil à Ron Canuel ici) à innover aussi. Du sentiment d’isolement auquel on est parfois confronté également…

Avec Gilbert Olivier, Marie Germain, Stéphane Brousseau et moi ;-)Et parmi les gens à distance, je pense ne pas être le seul à avoir ressenti ce genre de choses. À preuve, le vendredi soir, nous avons été 4 (et nous avons failli être plus, n’est-ce pas @Prof_Blain ? 😉 (entre autres)) à se faire une petite séance de Google+ Hangout (une sorte de vidéo conférence à plusieurs, que je testais pour la première fois avec mon ami Stéphane Brousseau, et qui s’est avérée très performante 🙂 )

Voilà donc une des 100 raisons, une que je connaissais, mais que j’ai vécue pour la première (et j’espère dernière) fois, une des 100 raisons pour ALLER, en personne, à Clair !

À venir dans un futur billet : les tweets de Clair2013, compilés par Stéphane Brousseau, Patrick Drouin et moi-même pendant le colloque et après aussi. Je viens de finir, en date du 1er mars 2013, d’ajouter à mon fichier. La correspondance sera faite avec le Google Doc de Stéphane, grâce aussi aux bons soins de Patrick, je tiens à le dire aussi 🙂 Travail d’équipe : merci les gars !

Enfin, pour terminer, quelques photos que j’ai prises !!! Eh oui, Roberto, malgré mon absence, j’ai pris quelques photos, via la webdiffusion : captures écran, donc 🙂

Jeudi soir : Thierry Karsenti s’adressant, de Montréal, aux gens réunis à Clair2013.

©Sylvain Bérubé 2013

Vendredi après-midi : Darren Kuropatwa pendant sa conférence.

© Sylvain Bérubé 2013

Vendredi soir : Ewan McIntosh pendant sa conférence… À ce moment, le petit était sur moi, devant l’ordi et, à la fin de la conférence, en entendant les gens applaudir, il s’est mis à applaudir lui aussi 🙂 Ton plus jeune fan, Ewan 😉 Même pas 2 ans !

 

©Sylvain Bérubé 2013
©Sylvain Bérubé 2013

Vue de la foule – vendredi soir.

©Sylvain Bérubé 2013

La bulle de mots les plus utilisés sur Twitter, pour le mot-clic #Clair2013. Merci à Patrick Drouin pour avoir créé et rendu disponible cette page.

©Sylvain Bérubé 2013

 

Note à Sébastien Stasse : je n’ai publié ici que les photos prises au moment des évènements (live). Pendant ta conférence, je travaillais ailleurs, alors il me faut passer par la webdiffusion pour insérer une photo de ta conférence : alors voici 🙂

©Sylvain Bérubé 2013

SILF 12 — Rédaction Twitter pour la semaine internationale de la langue française

Du 17 au 25 mars dernier, avait lieu la Semaine internationale de la langue française et de la francophonie (que nous avons abrégé sur Twitter par #SILF12). (Pour 2012, les dates sont ici…) Pendant cette semaine, entre autres, il y avait la journée internationale de la francophonie le mardi 20 mars…

Pendant cette semaine, donc, nous, Annie Côté (@annierikiki), Delphine Regnard (@drmlj) et moi (@slyberu) avons eu une idée, après nous être dit que nous devrions faire un projet ensemble, nous les mordus d’intégration des TIC aux apprentissages. L’idée était donc de faire écrire nos élèves en équipe, de façon collaborative sur une page EtherPad, afin de rédiger ensemble une petite histoire (10 phrases) qui serait par la suite diffusée sur Twitter en 10 tweets.

Une autre contrainte d’écriture était qu’il fallait rédiger chaque phrase à partir d’un mot précis. Nous avions constitué une liste de 10 mots (un par phrase, à être intégrés dans un ordre au choix des élèves), 5 plutôt québécois et 5 plutôt français. Si nous avions eu le temps d’impliquer d’autres classes d’autres pays francophones, nous aurions pu ajouter des mots plus spécifiques d’autre(s) pays de la francophonie, mais ce ne fut pas possible.

Pour la liste des 10 mots retenus ainsi que quelques consignes diffusées aux élèves, voir ce lien.

Chaque équipe était composée d’au moins un élève de chacune des classes impliquées. Ainsi, les élèves d’une équipe provenaient d’une classe d’Annie, d’un groupe de Sylvain et d’élèves de Delphine.

La page de ce midi ;-)Dans un premier temps, les élèves se sont donnés les définitions des mots, car pour certains mots, le sens était trop relié à un emploi particulier dans le pays où ce mot est utilisé. Le tout se déroulait dans une page de type EtherPad, où tous peuvent écrire simultanément ou pas, chacun possédant sa propre couleur d’écriture. Nous avons aussi observé certaines conversations dans la fenêtre de clavardage de l’outil, où les élèves se présentaient, parlaient parfois de leurs intérêts, histoire de mieux se connaitre, ou encore se posaient des questions en lien avec la tâche à faire.

Puis vint la rédaction de l’histoire comme telle. Pour certaines équipes, cela se déroula relativement rondement, surtout lorsque les gens arrivaient, malgré le décalage horaire, à être présent en même temps (en mode synchrone) sur la page EtherPad. Pour d’autres, ce fut plus difficile. Il fallait aussi s’entendre sur la formulation, car en 127 caractères, il faut choisir ses mots ! (Note : on parle de 127 caractères, car il fallait se garder de la place pour la balise—mot-clic #SILF12 (8 caractères, incluant l’espace) et pour la numérotation de la phrase et le numéro d’équipe !)

Bref, tout un défi. En plus, notre échéancier était peut-être un peu trop serré, compte tenu que le travail se faisait souvent de façon asynchrone, forcément plus lentement dans ce cas, chacun devant lire ce qu’un autre avait écrit avant de formuler ses propres phrases, ses suggestions d’améliorations, etc. Le mode asynchrone peut ralentir passablement le travail, mais nous ne pouvions procéder autrement, faute de temps, car nous voulions publier des histoires à la fin de la semaine ou juste après.

Par la suite, nous avons fait choisir nos élèves, dans nos classes respectives, afin de déterminer les meilleurs histoires. Au final, 2 histoires sur 10 équipes furent retenues et diffusées sur Twitter. Bien sûr, comme Twitter a horreur de tout ce qui est pérenne, j’en ai gardé copie de nos conversations sous le mot-clic #SILF12 dans CE DOCUMENT PDF. Les 2 meilleures histoires diffusées sur Twitter sont pour leur part dans CE FICHIER PDF pour la première et DANS CELUI-CI pour la seconde.

En guise d’évaluation du projet, nous retenons donc ceci (liste non complète, j’invite mes 2 collègues à ajouter en commentaire s’il y a lieu, merci !) :

Points positifs :

  • Grande motivation des élèves à vouloir écrire une bonne histoire.
  • Découverte de l’outil de type EtherPad pour certains, de Twitter pour d’autres, ce qui crée parfois quelques petites situations où on doit apprendre certaines règles de fonctionnement de base 😉 ! Ce qui est normal, selon moi, les jeunes n’ayant pas toujours conscience que ces fenêtres sont accessibles publiquement, entre autres, si on connait le lien qui nous y conduit !
  • Des anciens élèves (à Delphine et à moi) ont voulu collaborer au projet, car intéressés grandement par ce mode d’écriture et de collaboration.

Points à améliorer :

  • Donner plus de temps, à cause de la lenteur possible lors de travail en mode asynchrone.
  • Expliquer certaines fonctionnalités des outils un peu plus, avant de plonger dans le projet.
  • Impliquer au moins un autre pays de la francophonie lors de l’édition 2013 (?).

 

Le rôle des médias en éducation

Jeudi dernier, dans le cadre du colloque du CTREQ, j’étais invité à participer au «Bar des sciences», une discussion, sur le rôle des médias en éducation.

Pour cet évènement, étaient invitées quelques bonnes pointures, provenant des médias (traditionnels, faut-il le préciser), du milieu universitaire et du monde syndical en éducation. Il y avait donc André Chouinard, animateur et réalisateur radio à la société Radio-Canada (SRC), Carole Beaulieu, rédactrice en chef du magazine L’Actualité, Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval, Pierre-Paul Noreau, directeur de l’Éditorial au journal Le Soleil (à Québec), Réjean Parent, président de la CSQ (la centrale syndicale regroupant une grande partie des enseignants au Québec (sauf ceux de la région de Montréal) et, pour terminer, Sylvie Viola, professeur au département d’éducation et pédagogie et directrice du programme EPEP à l’UQAM et coauteure du Manifeste pour une école compétente.

Tout ce beau monde avait 5 minutes chacun pour nous présenter leur vision du rôle des médias en éducation ou pour nous rendre compte de ce qu’ils font dans ce domaine, dans leurs médias respectifs.

Monsieur Giroux a commencé par nous présenter quelques tableaux, résultats d’une étude qu’il a faite à propos des médias. Ainsi, on y apprend que l’éducation, dans les médias de masse, est un “petit” sujet, loin derrière le sport, la politique ou la météo (sujet de conversation de prédilection au Québec, question de variation constante de climat, sans doute !), par exemple. On y a aussi appris que les nouveaux médias ou médias sociaux sont utilisés pour s’informer par environ 30 % des jeunes (moins de 35 ans) et par 15 % des plus vieux… Une moyenne de 20%, donc, mais en constante augmentation.

Par la suite, monsieur Noreau nous a mentionné qu’un journal, c’est une “business” et que son but est de faire des profits, d’où le fait que l’éducation, un sujet moins vendeur, occupe une petite place dans son journal, et souvent, on en parle quand ça va moins bien car meilleur vendeur à ce moment. À son journal (comme à certains autres), on a toutefois pris la peine de dédier un journaliste attitré et une éditorialiste (Brigitte Breton) écrit régulièrement des articles sur l’éducation.

Madame Beaulieu a enchainé avec une comparaison entre les médias traditionnels et les médias sociaux qui sapent des revenus précieux… À un moment donné, je me demandais presque si nous assistions à une série d’invectives destinées aux éducateurs qui «font pas ci» et «font trop ça», qui critiquent trop le fameux (ou l’infâme) palmarès des écoles de sa revue, bref, j’avais une première impression (désagréable, il va sans dire) me laissant croire que les éducateurs sont responsables des déboires ou des difficultés financières des médias traditionnels !… (Finalement, plus tard, je me rendrai heureusement compte que le comportement de type «hérisson sur la défensive qui pique à tous vents» était en fait une sorte de provocation destinée à faire réagir : pour ma part, ça a très bien fonctionné : à partir de ce moment, je voulais parler, mais j’ai attendu une bonne demi-heure avant de prendre officiellement la parole…, question d”auto-modérer mes propos  😉 !)

Réjean Parent a dit, à son tour de parole, que tous les médias ne traitent pas l’information avec la même objectivité, mentionnant au passage l’hyper-concentration d’une certaine presse qui véhicule ainsi plus aisément son idéologie au détriment d’un traitement moins “orienté” ou plus objectif… Là-dessus, je trouvais qu’il généralisait peut-être un peu trop (même si la tendance s’observe souvent), ayant moi-même déjà fait partie des pages de ces journaux à deux reprises 😉 (2009 et 2011), les journalistes ayant alors fait preuve de certaines nuances importantes concernant le sujet traité… Ceci dit, je suis d’accord pour dire que certains chroniqueurs de certains journaux tentent un peu trop, parfois, d’influencer ou même de «manipuler» l’opinion publique dans un sens ou dans l’autre en étalant ici et là des jugements parfois à l’emporte-pièce ou des arguments douteux…

Finalement, madame Viola nous a parlé de ce qui est abordé en didactique concernant l’éducation et les médias. (Peu d’informations à mentionner ici, puisque j’étais à préparer mon intervention… Quelqu’un pourra peut-être compléter en commentaires à ce billet, merci !)

Mon intervention :

Voici ici un résumé de mes propos, dans des mots sûrement un peu autres que ceux utilisés oralement lors de ma prise de parole, mais qui résument l’essentiel de ma pensée sur le sujet.

Après que certaines personnes soient intervenues pour se désoler, avec raison, du fait que les bons coups en éducation ne sont pas assez diffusés dans les médias (mais ce n’est pas vendeur la plupart du temps, selon l’argument «$», qui est le nerf de la guerre), après qu’on ait constaté que la désormais défunte (presque à 99%) Réforme en éducation au Québec ait été tellement mal diffusée dans les médias et «charriée de travers» moult fois (sûrement à cause du jargon dont les éducateurs abusent, selon madame Beaulieu (!), après qu’une enseignante ait mentionné que la crise actuelle à propos des frais de scolarité est une occasion hautement pédagogique de lier éducation et médias, etc., j’ai pris la parole pour dire en gros ceci…

Nous assistons actuellement, et ce, dans plusieurs domaines, à une fragmentation, un éclatement de la diffusion de l’information, autant dans les médias que partout ailleurs. La venue d’Internet est par contre incontournable et les médias traditionnels doivent apprendre à vivre avec cette réalité ou mourir, carrément. (Madame Beaulieu me fera ici part du virage site web de l’Actualité avec, entre autres, le blogue de Jean-François Lisée… qu’il faut payer à même les seuls revenus disponibles actuellement, soit l’argent de la version papier… — À cela, j’aurais voulu ajouter que la modification du modèle d’affaire semble ici inévitable à moyen terme…)

En même temps, nous constatons que les médias ont un formidable pouvoir sur l’opinion publique en général, puisqu’ils peuvent informer de «bonne» façon ce public avec des journalistes consciencieux et chevronnés tout comme ils peuvent aussi influencer ce public avec un nombre grandissant de chroniqueurs de toutes sortes sur divers sujets. Bref, les médias ont du pouvoir entre les mains : il n’en tient qu’à eux de l’utiliser à bon escient, dans un but encore plus éducatif qui ferait encore plus notre bonheur, à nous les éducateurs. Bref, ils peuvent aider le public à faire la différence entre information et opinion… et aussi aider à faire la différence entre ce qui est amplifié de ce qui ne l’est pas (Allusion ici à la formidable amplification que les médias sociaux créent ou occasionnent parfois !)

Ici, on a donc le dilemme de la poule et de l’oeuf : est-ce que les médias doivent donner aux gens exclusivement ce qu’ils veulent lire ou entendre ou bien si les médias doivent en quelque sorte “éduquer” l’opinion publique en soumettant les gens à de l’information la meilleure possible. Est-ce que les médias ne doivent servir que du format clip car plus de gens en demandent ou s’il doivent prendre les devants et offrir AUSSI de la profondeur pour que de plus en plus de gens apprennent à réfléchir avec toutes les variables d’un casse-tête lorsqu’on aborde un sujet plus complexe ou avec un plus grand nombre de variables ?

En même temps, face à cette pluralité des sources d’information, nous les éducateurs avons un pouvoir en quelque sorte, du moins un rôle à jouer, celui d’éduquer à la pensée critique et au jugement face à cette pluralité d’informations de toutes sortes, les crédibles et les autres…

Nous devons donc, médias et éducateurs, apprendre la collaboration, plutôt que la confrontation (À ce moment, devinez qui je regardais ? ;-)). Nous devons apprendre à travailler ensemble pour améliorer cette quête de l’information, pour susciter le besoin chez les gens de BIEN s’informer, pour à la limite, apprendre à rejeter ces jugements à l’emporte-pièce (qui font vendre, mais imbécillisent la population) et ces raccourcis intellectuels, etc. Mais parfois, qui dit «garder les gens ignorants» signifie «conserver son pouvoir», si petit soit-il (?)… J’ose espérer qu’on sorte de cette dynamique pour pouvoir aller de l’avant vers une meilleure réflexion collective 🙂

Note 1 : À en juger par les commentaires recueillis à la suite de mon intervention, l’appel a été entendu ! Il nous reste tous à passer à l’action en ce sens !

Note 2 : Il m’a fait grand plaisir de revoir lors de cette discussion, certaines gens que je n’avais pas vu depuis trop longtemps. Je mentionne ici au passage Emmanuelle Erny-Newton, une passionnée d’éducation, de médias et de web, Vincent Tanguay, vice-président Québec, innovation et transfert au CEFRIO, Jean-Philippe Perreault (@jpperro sur Twitter) chargé de cours FTSR, Univ. Laval, et Frédéric Dufour, que j’ai pu croiser en personne pour la première fois, mais avec qui je dialogue sur Twitter et/ou SynapTIC à l’occasion, Véronique D’Amours et Hélène Rioux du CTREQ, sans oublier les vieux amis comme Nathalie Couzon du MELS, Annie Côté et Jean-Yves Fréchette (Twittérature) et Jessy Rodrigue, croisée elle aussi en personne pour la première fois.

Rencontre nationale des gestionnaires en éducation… et Twitter

Cette semaine, se tenait la Rencontre nationale des gestionnaires en éducation du MELS (ministère de l’éducation au Québec), portant sur l’intégration des TIC en éducation au Québec. (Le site de la Rencontre nationale étant protégé par mot de passe, voici un lien vers le site où sont regroupées quelques diaporamas Slideshare utilisés…)

Cynthia Ouellette (@recitpi sur Twitter) a eu la brillante idée de rendre accessibles plusieurs sujets abordés lors de cette rencontre, plusieurs vidéos présentées aussi, en ouvrant le “canal” Twitter #TICqc où nous avons pu partager nos idées, nos projets, nos opinions, notre expertise, etc. Bref, où on a pu participer.

Il est évident que tous sur place n’avaient pas de compte Twitter, mais au moins certains écrits publiés lors de l’évènement ont pu ou pourront être lus et peuvent ainsi permettre à la réflexion (et l’action) de se poursuivre…

Fort de mes expériences de compilation de tweets depuis 2009, j’ai pris sur moi de monter un fichier regroupant tous les tweets publiés avec le mot-clé #TICqc lors de l’évènement.

Voici donc cette compilation en format PDF et TXT (texte seul), le PDF étant plus lourd (4,63 Mo ici), car il inclut les “avatars” (visages, pour la plupart) des participants via Twitter. Quant au fichier TXT, il permet, sans être lourd (338 Ko), d’effectuer des recherches par mots-clés plus rapidement.

Le fichier PDF est ici.

Le fichier TXT est ici.

La prise de parole en éducation

Voici un texte qui peut servir de “réponse” à celui de Mario Asselin sur la prise de parole en éducation… Les guillemets sont ici importants, car ce texte a été écrit avant (1) celui de Mario 😉 ! On y constate plusieurs points en commun, signe que les idées circulent et mûrissent dans la tête des gens avec même un certain consensus, parfois 🙂 !

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Avec l’avènement du web dit 2.0, la prise de parole s’est répandue de plus en plus, beaucoup en quantité, parfois en qualité également. Dans le monde de l’éducation, nous avons vu d’abord l’apparition de blogues d’enseignants, il y a un peu plus de 5 ou 7 ans. De quelques uns au départ, ils sont devenus de plus en plus nombreux… avant de se diversifier via d’autres canaux de communication web comme Twitter et autres réseaux sociaux. Facebook a moins la cote, côté discussions, avec l’aspect plus anecdotique des publications qu’on y retrouve en général. Il y a bien quelques exceptions intéressantes, par contre. (2)

Bien entendu, ce n’est pas la majorité des enseignants qui ont pignon sur web, mais de par le nombre d’interventions, nous avons fini par avoir tout de même une présence et une prise de parole qui se remarque : nous sommes lus, et souvent plus qu’on ne le croit. Ces écrits, parfois, dérangent un peu aussi, n’ayons pas peur des mots.

Comme dans toute prise de parole en contexte de difficultés vécues (le monde de l’éducation vit des difficultés, c’est indéniable, et ces difficultés inspirent souvent les billets), nous avons assisté, au début, à des dénonciations des travers du système, puis des échanges, des propositions de solutions, des collaborations, voire même quelques signifiantes co-constructions ! Le tout en marge des voies officielles de communication, souvent alourdies par les procédures ou les palliers multiples… Dans d’autres cas de collaborations, le « hors frontières physiques » de l’école favorise les collaborations par affinités ou intérêts, collaborations souvent plus efficaces parce que volontaires, en plus.

À travers tous ces sujets de rédaction, des exemples, souvent, tirés du quotidien de ces enseignants qui investissent toute leur passion et une grande proportion de leur temps libre dans ces rédactions, parfois exutoires scripturaux de leur quotidien toujours de plus en plus lourd.

Vu les exemples réels tirés de situations quotidiennes, beaucoup d’enseignants ont choisi de bloguer, de prendre la parole, sous le couvert de l’anonymat, ou plus souvent du pseudonymat. Cette pudeur s’explique facilement : on peut aller plus au fond des choses en étant (un peu) caché. Mais, d’un autre côté, comme aucun pseudonymat ou anonymat n’est parfait, il est arrivé que ces personnes soient découvertes. Ainsi, certains se sont vus inviter à se taire. D’autres ont continué, sous leur pseudo ou leur vrai nom. On en a muselé aussi quelques-uns…

Je pense ici au cas « Charles Samares » (un regroupement de quelques enseignants), dont le site internet était presque le même que celui de « sa » Commission scolaire (un « s » de différence dans l’adresse). On a fait fermer « Charles » parce qu’«il» dérangeait. Pourtant, même si le ton était souvent ferme, je n’ai jamais vu « Charles » manquer de respect. Bien sûr, il y avait quelques coups de gueule bien sentis, qui ont pu faire peur à certaines administrations plus frileuses : c’est probablement pourquoi on a voulu — et on a malheureusement fini par réussir — à le faire taire une bonne fois pour toutes.

Au lieu de censurer, de faire taire, de finir par faire comme si tout ce discours n’existait pas (L’autruche, vous connaissez ?), pourquoi ne pense-t-on pas, en haut lieu, à utiliser cette formidable énergie pour aider et construire, pourquoi ne la canalise-t-on pas, cette énergie passionnée présente chez ces gens qui s’expriment et qui peuvent faire avancer les choses en éducation au Québec ? Quand quelqu’un critique les travers du système, il nous indique qu’il VOIT des choses, en les dénonçant. C’est le premier pas vers l’amélioration de ce système. Par la suite, on identifie, ENSEMBLE, les solutions possibles, on choisit les plus simples à appliquer, mais aussi les plus « efficaces » à moyen et long terme (le court terme est parfois dangereux en éducation, selon moi !), celles qui vont aider à la réussite du plus grand nombre d’élèves possible, celles qui vont favoriser un meilleur apprentissage et, pourquoi pas, une meilleure créativité. (Mais la créativité dérange et fait peur, même si nécessaire à toute évolution de système : j’appelle ça le « précédent » —dont on a si peur— nécessaire à toute innovation.)

Il est important qu’on écoute ceux qui prennent la parole, et non qu’on ne fasse juste les lire pour mieux les « espionner » ou les coincer. Ça devient alors malsain et contre-productif pour une administration quelle qu’elle soit.

Là-dessus, on a beaucoup de chemin à faire… Je regarde la prise de parole chez les autres intevenants en éducation. Il y a de plus en plus de conseillers pédagogiques qui le font, mais trop souvent dans le seul but de diffuser des informations. Il en est de même pour les gens travaillant au MELS : rares sont les libre-penseurs qui peuvent parler ou qui prennent la liberté de parler. Par ailleurs, certaines directions d’école commencent aussi à s’exprimer sur le web, je ne sais vraiment pas avec quel temps disponible, mais il me fait toujours plaisir de saluer de nouveaux « joueurs » sur la place publique où on peut discuter et échanger.

Pour favoriser une meilleure prise de parole, il faudra se débarrasser — ou sinon, sérieusement modifier — le concept du « droit de réserve ». Je comprends et conçois très facilement que tout ne peut pas se dire n’importe comment et n’importe où. Mais entre la censure excessive et l’autocensure normale de nos discours, je préfère la deuxième option : les échanges y gagnent en authenticité et en transparence et on peut avancer, si tous ont un but clair (une autre condition essentielle). Car pour faire avancer le débat, il faut obligatoirement un but commun, sinon on tombe dans les excès de « bruits » dans les discussions, où l’accessoire prend toute la place au profit des idées intéressantes et intelligentes.

Il est donc temps de sortir de cette culture du consensus qui, au final, devient une anti-discussion. Les choses ne peuvent avancer si on ne débat pas (intelligemment, s’entend – ne prenons pas exemple sur les dialogues de sourds de nos politiciens, souvent « orchestrés » pour l’image projetée sur la « galerie médiatique »). Discutons, prenons cette parole qui est accessible plus que jamais, le tout avec respect des personnes, sans pour autant tomber dans la mièvrerie de la complaisance.

Et encourageons les gens à continuer, ouvrons des portes : avec le Web2.0, l’école n’aura jamais été aussi… publique !

NOTE :

(1) Il était supposé être publié ailleurs qu’ici, au départ, et il le sera d’ici quelques semaines, mais pour des raisons “x”, sa publication a dû être reportée.

(2) Plusieurs exemples nous montrent que certains enseignants, malheureusement, prennent parfois la parole sur Facebook d’une façon telle que l’on interprète parfois un manque de jugement. Une éducation est à faire, sur cette prise de parole, et ce phénomène est normal, selon moi.