Frustration en saignant — TIC dans les écoles (mis à jour)

Retour au travail agréable le lundi 5 janvier dernier : je revois avec plaisir les collègues et, après les épisodes de rhume-grippe de ce monde qui frappèrent solidement plusieurs d’entre nous pendant les Fêtes, je me sens un peu mieux…

Puis la nouvelle tombe : les appels d’offres, concernant l’achat de matériel techno-pédagogique, que j’attends personnellement depuis août dernier (procédures d’achat retardées au 1er décembre pour le dépôt de l’appel d’offres, etc.), ont été bloqués ! QUOI ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Non, mais… Etc. Tout ça me lève le coeur, me monte à la gorge, j’ai envie de crier de désespoir, mais que puis-je y faire, tout se passe si haut et si loin de nous, pauvres mortels sur le plancher des vaches 🙁

Et hop, on re-re-re-re-re-retarde encore et encore et encore des projets qui pourraient motiver nos élèves souvent en difficultés, les aider à réussir par delà cette motivation, etc. Tant de choses re-re-re-re-reportées. Frustration. J’en saigne… (D’où le titre, vous l’aviez deviné.)

Tout ça s’ajoute à un cocktail d’annonces plus pessimistes les unes que les autres qu’on nous avait poivrées juste avant Noël… Ça finit par faire lourd à digérer, tout ça.

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max20eSiecleAlors, tout en exprimant quand même, sur le coup, un tout petit peu mon immense frustration sur les réseaux sociaux, je me suis aussi questionné publiquement : je voulais savoir pourquoi ce blocage ? Qui a bloqué ? D’où vient ce blocage ?… Parce que sans l’info, on peut imaginer un paquet de choses allant des lobbys puissants visant à imposer un produit quelconque (et dont souvent personne SUR LE TERRAIN ne veut) jusqu’à une procédurite aigüe provenant de l’immense structure souvent perçue comme castrante pour quiconque a des projets et veut les réaliser pour cette génération-ci d’élèves…

Aussi, je suis bien content que des gens aient eu l’idée de creuser le dossier. Il y a d’abord eu un billet de blogue de Mario Asselin qui faisait état de cette source d’information du CCSR (Centre collégial des services regroupés), centre par lequel on est cette fois passé pour cet achat de masse, laquelle info n’est pas très explicite et qu’on peut plus ou moins bien interpréter. Par exemple, en voyant une petite liste de 4 modèles ou types de tablettes, on pourrait déduire à tort que seuls ces modèles sont admis, et on ne connait pas tous très bien ces modèles… ou bien le milieu n’en veut tout simplement pas ou n’en a jamais fait la demande…

Puis, en jasant ici et là, au moins deux personnes, plus ou moins explicitement selon le cas, m’ont mis sur une piste tout aussi intéressante que déplorable : il y aurait eu des problèmes dits techniques avec la procédure d’appels d’offres et de soumissions. Mais alors de quel côté est le bogue ? me suis-je demandé. Les formulaires d’appels d’offres auraient été mal remplis ? Une source m’a alors dit que c’était une grande compagnie* qui aurait volontairement introduit des bogues techniques sur les formulaires de soumissions envoyés au CSSR, pour soi-disant protester contre la lourdeur de la procédure.

Cette information devait être “confirmée”, sans toutefois qu’on nomme la compagnie, par Yves Therrien le lendemain, dans son article paru dans Le Soleil du 9 janvier dernier.

Et là, mon questionnement se fit encore plus grand : mais pourquoi ? Pourquoi “casser du sucre” sur nos pauvres dos déjà surchargés par les lourdeurs du système, par la tâche, par les dernières nouvelles de nos dirigeants politiques qui ne savent pas vraiment ce qu’on fait réellement sur le terrain, qui nous abreuvent d’inepties en ces temps d’austérité, laissant planer le pire pour l’avenir de NOS enfants ? Etc. Et surtout, pourquoi mettre un frein à des projets élaborés pour ces enfants, afin de les aider à développer des compétences essentielles au 21e siècle dont le 1/6e est déjà passé, soit dit en passant ! Bref, la “folle du logis” s’est emballée un moment, le temps de me verser un café, de respirer un grand nombre de bouffées d’air, puis de (re)commencer à réfléchir.

Je comprends très bien que la procédure d’achat est d’une lourdeur incommensurable, ou presque. Il faut aussi dire que, depuis la saga scandaleuse des TBI payés bien trop cher, le gouvernement joue de prudence. Avec toutes les directives austères du Trésor actuel, il y a une raison de plus pour être frileux sur les achats. Je me suis même fait dire que la partie “contribuable” en moi devrait être heureuse, puisque “mon” argent était dépensé avec parcimonie et prudence, etc. Mais mon jupon de prof refusait de ne pas dépasser cette fois-ci, peut-être parce que ça fait trop d’années que j’attends de voir se concrétiser des projets qui me tiennent à coeur pour mes élèves et pour lesquels projets j’ai déjà investi beaucoup de mon temps et de mon énergie. Alors malgré que je comprenne la lourdeur de la procédure, que je comprenne qu’une grosse compagnie veuille probablement s’en affranchir et faire affaire directement avec les écoles ou les Commissions scolaires (CS), je déplore haut et fort que cette protestation de compagnie se fasse sur notre dos et qu’elle ait pour effet très pervers de tout arrêter encore une fois et que nous nous retrouvions devant rien OU PRESQUE.

J’ajoute “ou presque”, car, grâce à la bonne volonté de certaines personnes dans nos CS et dans nos écoles, des commandes plus petites (moins de 100 000$) pourront être passées et nous pourrons avoir UNE PARTIE de l’équipement requis pour la réalisation de certains projets. Par exemple, chez nous, ça devrait (au conditionnel—voir MISE À JOUR ci-dessous) être le tiers de l’équipement prévu. Concrètement, je ne sais pas encore comment ça pourra se réaliser : faire moins de projets parce que équipement moindre, rendre l’équipement plus mobile d’une classe à l’autre (avec les contraintes de réservations et de déplacements du matériel entre les pavillons…),  privilégier un projet dit plus important au détriment des autres projets. Bref, vous voyez allègrement le genre de choix déchirants qui seront à faire, tout ça si une autre brique ne nous tombe pas sur la tête entretemps, car on ne sait jamais en ces temps incertains.

Pendant ce temps, tempus fugit, comme on dit. Et comme je le disais plus tôt, après toutes ces années à attendre (activement, mais attendre quand même, avec des “en-attendant”**), après toutes ces déceptions accumulées, après que le 1/6e du 21e siècle soit passé déjà sans que l’intégration des TIC, presque omniprésente dans les sphères de notre société, n’ait toujours pas vraiment franchi le seuil des écoles***, après tout ça, donc, je me demande sincèrement si nous allons finir par entrer dans le 21e siècle quand les calendriers seront rendu… au 22e !

MISE À JOUR : 2015-02-16 :

1/3 de la commande prévue est arrivé depuis plus d’une semaine. Il y a eu bogue concernant les étuis des iPad : la commande de ces étuis a dû être reprise… Malédiction, dirait mon collègue. Le problème est sur le point d’être réglé, cependant.

Beaucoup de gens ont travaillé fort afin de concrétiser le tout, mais des obstacles demeurent. Comment, par exemple, gérer l’utilisation d’un charriot de plus de 150 lbs qui ne sera pas transportable d’un étage à l’autre (escaliers seulement)? Comment procéder pour réserver ledit charriot ? Etc.

Ça avance, au moins… c’est ce que je me dis. Et me répète.

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*Certaines sources m’indiquent le nom de LA grosse compagnie, mais je ne la nommerai pas…

**Les “en-attendant” dont je parle, c’est pallier le manque d’équipement :

  1. en continuant d’aller au laboratoire d’informatique (façon de faire un peu “années 1990” pour “pratiquer” les TIC au lieu de les intégrer vraiment, au quotidien)
  2. en demandant aux élèves qui ont leurs appareils de les apporter et de se relier au sans fil (une chance, dans ma CS, au secondaire du moins, nous avons un bon réseau). Ceux qui n’ont pas d’appareil doivent alors se jumeler à quelqu’un qui en possède un.
  3. en demandant aux élèves de faire des trucs chez eux, avec les équipements disponibles à la maison. Évidemment ici, pour ceux qui peuvent…

***Par contre, dans les écoles privées, les tablettes entrent actuellement en grand nombre, ces écoles n’étant pas soumises au même règles que les écoles publiques qui, regroupées en CS, forcent la procédure d’achats, ceux-ci dépassant alors facilement les 100 000 $ fixés comme limite. De là à dire que le gouvernement avantage le privé, il n’y a qu’un pas… que je ne franchirai pas (pas tout de suite !).

Clair2013 — 4e édition de Voir l’éducation autrement

Cette année, du 31 janvier au 2 février 2013, se tenait la 4e édition de l’évènement-colloque-barcamp, baptisé Clair2013, voir l’éducation autrement.

Cette année, malheureusement et pour plusieurs raisons, j’ai dû suivre à distance, même si je fais pourtant partie du comité organisateur du colloque… Il m’était donc pénible de ne pas revoir en personne ce groupe de passionnés, d’en connaitre des nouveaux (il y en avait plusieurs cette année, une majorité selon mes sources plus que fiables !), d’échanger sur la pédagogie d’abord (et les technologies ensuite) avec cette gang de gens allumés et innovateurs.

J’ai suivi les conférences grâce à la webdiffusion, superbement orchestrée par Jocelyn Nadeau (@jocenado) et toute son équipe de l’Université de Moncton, campus d’Edmundston (UMCE). Au moins, pendant ce temps — et lorsque Roberto Gauvin (@gauviroo), le directeur du CAHM, l’école où a lieu l’évènement, mentionnait quelques tweets en provenance de ces gens qui, comme moi, suivaient le tout de l’extérieur — on avait l’impression d’y être un tout petit peu.

Ce que je retiens du colloque, ce sont bien sûr les conférences où j’ai découvert, par exemple et très en vrac, le concept de feed-forward (en complément à feedback), où Darren Kuropatwa nous a livré une magnifique conférence pédagogique sur le concept d’histoire personnelle portée par chacun, où Sébastien Stasse nous a montré jusqu’où peut aller la technologie dans un futur assez proche. Voire étourdissant, même. Etc.

Ce que je retiens aussi, c’est le sentiment de manque… En n’étant pas présent physiquement, beaucoup de choses m’ont manqué. Beaucoup. Beaucoup de choses, mais aussi beaucoup manqué… Et je ne parle pas des ployes (!), car pour ça, j’ai reçu un colis de l’ami Roberto 🙂 Ce qui m’a manqué, outre la visite des classes et le contact avec ces élèves aux yeux brillants de découvertes, ce sont bien sûr les gens, les échanges informels qui fusent de partout lors du “vins et fromages”, ou de la visite des classes, par exemple. À ces moments, à travers les méandres imprévus de ces conversations spontanées, naissent et se tissent de ces liens superbes qui deviennent parfois des amitiés, parfois des inspirations professionnelles, parfois les deux, et beaucoup plus encore. À travers ces échanges, se construisent des réseaux qui nous mènent souvent beaucoup plus loin qu’on n’avait osé l’imaginer au départ. De ces merveilles-là, je me suis ennuyé. De l’énergie que ça nous donne pour continuer courageusement (clin d’oeil à Ron Canuel ici) à innover aussi. Du sentiment d’isolement auquel on est parfois confronté également…

Avec Gilbert Olivier, Marie Germain, Stéphane Brousseau et moi ;-)Et parmi les gens à distance, je pense ne pas être le seul à avoir ressenti ce genre de choses. À preuve, le vendredi soir, nous avons été 4 (et nous avons failli être plus, n’est-ce pas @Prof_Blain ? 😉 (entre autres)) à se faire une petite séance de Google+ Hangout (une sorte de vidéo conférence à plusieurs, que je testais pour la première fois avec mon ami Stéphane Brousseau, et qui s’est avérée très performante 🙂 )

Voilà donc une des 100 raisons, une que je connaissais, mais que j’ai vécue pour la première (et j’espère dernière) fois, une des 100 raisons pour ALLER, en personne, à Clair !

À venir dans un futur billet : les tweets de Clair2013, compilés par Stéphane Brousseau, Patrick Drouin et moi-même pendant le colloque et après aussi. Je viens de finir, en date du 1er mars 2013, d’ajouter à mon fichier. La correspondance sera faite avec le Google Doc de Stéphane, grâce aussi aux bons soins de Patrick, je tiens à le dire aussi 🙂 Travail d’équipe : merci les gars !

Enfin, pour terminer, quelques photos que j’ai prises !!! Eh oui, Roberto, malgré mon absence, j’ai pris quelques photos, via la webdiffusion : captures écran, donc 🙂

Jeudi soir : Thierry Karsenti s’adressant, de Montréal, aux gens réunis à Clair2013.

©Sylvain Bérubé 2013

Vendredi après-midi : Darren Kuropatwa pendant sa conférence.

© Sylvain Bérubé 2013

Vendredi soir : Ewan McIntosh pendant sa conférence… À ce moment, le petit était sur moi, devant l’ordi et, à la fin de la conférence, en entendant les gens applaudir, il s’est mis à applaudir lui aussi 🙂 Ton plus jeune fan, Ewan 😉 Même pas 2 ans !

 

©Sylvain Bérubé 2013
©Sylvain Bérubé 2013

Vue de la foule – vendredi soir.

©Sylvain Bérubé 2013

La bulle de mots les plus utilisés sur Twitter, pour le mot-clic #Clair2013. Merci à Patrick Drouin pour avoir créé et rendu disponible cette page.

©Sylvain Bérubé 2013

 

Note à Sébastien Stasse : je n’ai publié ici que les photos prises au moment des évènements (live). Pendant ta conférence, je travaillais ailleurs, alors il me faut passer par la webdiffusion pour insérer une photo de ta conférence : alors voici 🙂

©Sylvain Bérubé 2013

SILF 12 — Rédaction Twitter pour la semaine internationale de la langue française

Du 17 au 25 mars dernier, avait lieu la Semaine internationale de la langue française et de la francophonie (que nous avons abrégé sur Twitter par #SILF12). (Pour 2012, les dates sont ici…) Pendant cette semaine, entre autres, il y avait la journée internationale de la francophonie le mardi 20 mars…

Pendant cette semaine, donc, nous, Annie Côté (@annierikiki), Delphine Regnard (@drmlj) et moi (@slyberu) avons eu une idée, après nous être dit que nous devrions faire un projet ensemble, nous les mordus d’intégration des TIC aux apprentissages. L’idée était donc de faire écrire nos élèves en équipe, de façon collaborative sur une page EtherPad, afin de rédiger ensemble une petite histoire (10 phrases) qui serait par la suite diffusée sur Twitter en 10 tweets.

Une autre contrainte d’écriture était qu’il fallait rédiger chaque phrase à partir d’un mot précis. Nous avions constitué une liste de 10 mots (un par phrase, à être intégrés dans un ordre au choix des élèves), 5 plutôt québécois et 5 plutôt français. Si nous avions eu le temps d’impliquer d’autres classes d’autres pays francophones, nous aurions pu ajouter des mots plus spécifiques d’autre(s) pays de la francophonie, mais ce ne fut pas possible.

Pour la liste des 10 mots retenus ainsi que quelques consignes diffusées aux élèves, voir ce lien.

Chaque équipe était composée d’au moins un élève de chacune des classes impliquées. Ainsi, les élèves d’une équipe provenaient d’une classe d’Annie, d’un groupe de Sylvain et d’élèves de Delphine.

La page de ce midi ;-)Dans un premier temps, les élèves se sont donnés les définitions des mots, car pour certains mots, le sens était trop relié à un emploi particulier dans le pays où ce mot est utilisé. Le tout se déroulait dans une page de type EtherPad, où tous peuvent écrire simultanément ou pas, chacun possédant sa propre couleur d’écriture. Nous avons aussi observé certaines conversations dans la fenêtre de clavardage de l’outil, où les élèves se présentaient, parlaient parfois de leurs intérêts, histoire de mieux se connaitre, ou encore se posaient des questions en lien avec la tâche à faire.

Puis vint la rédaction de l’histoire comme telle. Pour certaines équipes, cela se déroula relativement rondement, surtout lorsque les gens arrivaient, malgré le décalage horaire, à être présent en même temps (en mode synchrone) sur la page EtherPad. Pour d’autres, ce fut plus difficile. Il fallait aussi s’entendre sur la formulation, car en 127 caractères, il faut choisir ses mots ! (Note : on parle de 127 caractères, car il fallait se garder de la place pour la balise—mot-clic #SILF12 (8 caractères, incluant l’espace) et pour la numérotation de la phrase et le numéro d’équipe !)

Bref, tout un défi. En plus, notre échéancier était peut-être un peu trop serré, compte tenu que le travail se faisait souvent de façon asynchrone, forcément plus lentement dans ce cas, chacun devant lire ce qu’un autre avait écrit avant de formuler ses propres phrases, ses suggestions d’améliorations, etc. Le mode asynchrone peut ralentir passablement le travail, mais nous ne pouvions procéder autrement, faute de temps, car nous voulions publier des histoires à la fin de la semaine ou juste après.

Par la suite, nous avons fait choisir nos élèves, dans nos classes respectives, afin de déterminer les meilleurs histoires. Au final, 2 histoires sur 10 équipes furent retenues et diffusées sur Twitter. Bien sûr, comme Twitter a horreur de tout ce qui est pérenne, j’en ai gardé copie de nos conversations sous le mot-clic #SILF12 dans CE DOCUMENT PDF. Les 2 meilleures histoires diffusées sur Twitter sont pour leur part dans CE FICHIER PDF pour la première et DANS CELUI-CI pour la seconde.

En guise d’évaluation du projet, nous retenons donc ceci (liste non complète, j’invite mes 2 collègues à ajouter en commentaire s’il y a lieu, merci !) :

Points positifs :

  • Grande motivation des élèves à vouloir écrire une bonne histoire.
  • Découverte de l’outil de type EtherPad pour certains, de Twitter pour d’autres, ce qui crée parfois quelques petites situations où on doit apprendre certaines règles de fonctionnement de base 😉 ! Ce qui est normal, selon moi, les jeunes n’ayant pas toujours conscience que ces fenêtres sont accessibles publiquement, entre autres, si on connait le lien qui nous y conduit !
  • Des anciens élèves (à Delphine et à moi) ont voulu collaborer au projet, car intéressés grandement par ce mode d’écriture et de collaboration.

Points à améliorer :

  • Donner plus de temps, à cause de la lenteur possible lors de travail en mode asynchrone.
  • Expliquer certaines fonctionnalités des outils un peu plus, avant de plonger dans le projet.
  • Impliquer au moins un autre pays de la francophonie lors de l’édition 2013 (?).

 

Rencontre nationale des gestionnaires en éducation… et Twitter

Cette semaine, se tenait la Rencontre nationale des gestionnaires en éducation du MELS (ministère de l’éducation au Québec), portant sur l’intégration des TIC en éducation au Québec. (Le site de la Rencontre nationale étant protégé par mot de passe, voici un lien vers le site où sont regroupées quelques diaporamas Slideshare utilisés…)

Cynthia Ouellette (@recitpi sur Twitter) a eu la brillante idée de rendre accessibles plusieurs sujets abordés lors de cette rencontre, plusieurs vidéos présentées aussi, en ouvrant le “canal” Twitter #TICqc où nous avons pu partager nos idées, nos projets, nos opinions, notre expertise, etc. Bref, où on a pu participer.

Il est évident que tous sur place n’avaient pas de compte Twitter, mais au moins certains écrits publiés lors de l’évènement ont pu ou pourront être lus et peuvent ainsi permettre à la réflexion (et l’action) de se poursuivre…

Fort de mes expériences de compilation de tweets depuis 2009, j’ai pris sur moi de monter un fichier regroupant tous les tweets publiés avec le mot-clé #TICqc lors de l’évènement.

Voici donc cette compilation en format PDF et TXT (texte seul), le PDF étant plus lourd (4,63 Mo ici), car il inclut les “avatars” (visages, pour la plupart) des participants via Twitter. Quant au fichier TXT, il permet, sans être lourd (338 Ko), d’effectuer des recherches par mots-clés plus rapidement.

Le fichier PDF est ici.

Le fichier TXT est ici.

Les cellulaires à l’école… et quoi encore ?

Ce billet se veut la suite du précédent, dans lequel il est question de la discussion que j’ai menée avec mes élèves au sujet des cellulaires à l’école.

Mise en contexte : le vendredi 2 mars 2012, à la suite d’une invitation de la recherchiste de l’émission Maisonneuve en direct, Gabrielle Cimon, à me joindre au débat ressorti ce jour-là par le texte de Chantal Potvin, une enseignante désespérée par la prolifération des cellulaires dans notre société, particulièrement à l’école, j’ai finalement décidé de mener une discussion avec le groupe d’élève avec lequel j’avais un cours lors de cette période-là et de faire parvenir les propos des élèves à madame Cimon par courriel, vu que je ne pouvais être présent par téléphone pendant l’émission. Des phrases de mes élèves ont été lues en direct. On retrouve l’intégralité du texte des élèves et le mien dans le billet précédent.

De plus, le 22 mars dernier, je prenais connaissance d’un autre texte où il est encore question d’enseignants frustrés par la prolifération du cellulaire… Soupirs ! Et je ne parle pas du désormais “célèbre” pourrisseur du web qui nous fait part de ses pièges aux élèves ici et qui fait réagir grandement (1, 2, 3, 4 (compilation de réactions), 5, 6, etc.)

Maintenant, voici mon opinion sur le sujet des cellulaires et des technologies en général à l’école.

Comme l’électricité au 20e siècle a apporté une accélération formidable de la vie quotidienne en général, les technologies d’aujourd’hui (particulièrement les réseaux sociaux) apportent une formidable amplification des comportements (disait André Caron à l’émission Maisonneuve en direct du 2 mars), les bons comme les mauvais (ajouté-je). Il faut donc éduquer à cette amplification et aux comportements socialement reconnus comme bons et mauvais, comme toute société de chaque époque a toujours dû éduquer ses jeunes (et moins jeunes qui s’égarent parfois!). Donc aujourd’hui, il faut éduquer au numérique, ET ÇA PRESSE !…

Personne aujourd’hui ne voudrait abolir l’électricité, cela semble être une évidence, sauf peut-être pour quelques groupes marginaux désirant vivre en … marge de la société, justement. Probablement que personne demain ne voudra abolir les cellulaires non plus, ou les autres appareils mobiles. Nous sommes toujours dans une époque transitoire par rapport aux technologies qui émergent… Il est donc normal, pour un temps, de retrouver ce genre d’attitudes ou de comportements de la part des gens qui disent que «c’était bien mieux avant, dans l’ancien temps, etc.» (L’école a aussi vécu ça avec l’arrivée de l’ardoise, du style à bille, des transparents (acétates), de la vidéo, etc.) Mais ce genre de “raisonnement” ne peut faire qu’un temps, car la roue continue de tourner, la société d’avancer, et il faut bien finir un jour par prendre le taureau par les cornes, sinon nous aurons perdu énormément de temps et d’énergie à résister au changement qui finit par s’imposer de toute façon. Alors autant consacrer nos énergies tout de suite à définir ensemble ce qu’on veut faire des outils avant qu’on nous impose des usages, etc. Soyons pro-actifs !

(Évidemment, à propos de l’électricité ou autre inventions, je ne fais que déduire certaines choses ici, car je suis trop jeune pour me rappeler l’apparition du téléphone “ordinaire” ou l’avènement de l’électricité, cette chose étrange qui apportait avec elle bien des nouveaux appareils facilitant la vie quotidienne, etc. Suscitant parfois la crainte comme lors de l’apparition de l’automobile, etc.)

On peut poser la question autrement : peut-on vivre sans cellulaire ? Certains diront oui, pour encore un certain temps… On pourrait aussi se demander si on peut vivre sans électricité. Personne de sensé aujourd’hui, en 2012, pourrait dire oui. En même temps, comme je le disais ci-dessus, bien sûr qu’on peut vivre (ou survivre) sans électricité : la preuve, lors de pannes électriques, notre coeur continue de battre et on sort le petit poêle au butane ou son barbecue pour se faire un café 😉 ! Mais ce n’est pas ce que j’appelle vivre sans électricité de façon continue ou durable.

De plus, si on continue de pousser le raisonnement, on pourrait même se demander si on peut vivre sans agriculture ou sans élevage et ne survivre que de chasse, de pêche et de cueillette de fruits sauvages… comme il y a des milliers d’années. (OK, je l’admets, ça me tentait de charrier un tout petit peu, mais il y a quand même une partie potable à ce raisonnement poussé dans ses derniers retranchements 😉

Rendu à cette limite, on se fera vite accuser d’utiliser un raisonnement tordu, que pour les cellulaires, ce n’est pas pareil, etc. Ce à quoi j’ai immédiatement envie de répondre : «Ah oui ? Ah bon !»

Je trouve personnellement que chaque époque apporte ses améliorations, ses innovations… et ses problèmes aussi, bien sûr. Jouer à l’autruche n’aidera en rien, d’un côté comme de l’autre… Je ne me souviens pas avoir vu une société entière renier son époque ou les technologies de son époque au point d’en bannir l’usage au grand complet. (Si cela s’est produit et que vous avez un exemple, dites-le-moi et je vous en remercierai.) Alors, me dis-je, autant faire avec et éduquer à un bon emploi de ces technologies, et ce, le plus rapidement possible afin, justement, d’éviter un trop grand nombre de dérives !

Pour ce qui est de l’école, je dis simplement ceci : une école qui nie l’existence des technologies, c’est une école hors de la société, mais qui souhaite pourtant éduquer les jeunes à la vie dans cette même société. Paradoxal, non ? De plus, l’école n’est plus ce sacro-saint sanctuaire du savoir, lieu exclusif où l’on s’abreuvait de connaissances… Oui, les profs ont encore des connaissances (je l’espère !), mais ils n’en ont plus le monopole. Peut-être que c’est vu comme une perte de pouvoir par certains et, comme toutes les pertes de pouvoirs, ça fait peur. Mais on pourrait aussi, comme enseignants, se demander sur quoi avons-nous encore du pouvoir et s’en servir, pour le bien de nos élèves (ne jamais l’oublier). Je crois sincèrement que nous avons du pouvoir sur les changements, que nous pouvons faire une différence si on sait saisir les opportunités. Mais pour cela, il faut être éveillé… et veiller, de cette veille active, sur le web et ailleurs.

Donc, les enseignants (tous) ont la responsabilité, dans cette société en évolution constante, de former les jeunes à un usage intelligent des TIC et de leur faire développer, en collaboration avec tous les acteurs (*), les compétences nécessaires pour ce faire. Pour éduquer aux technologies, on n’a pas à tout connaitre des détails techniques de ces outils technologiques, mais on a à repenser la pédagogie (et l’évaluation) en lien avec l’utilisation de ces technologies qui changent les façons de faire, les façons de créer du contenu, les façons d’interagir dans la société en général, etc.

(*) Les acteurs autres que les enseignants sont tous les secteurs reliés à l’enseignement, entre autres les services informatiques, qui doivent être au service (le mot le dit, non ?) de la pédagogie, qui doivent s’asseoir avec les pédagogues afin de répondre aux besoins (parfois criants dans certaines commissions scolaires), qui doivent être au centre d’un climat de collaboration, et non dans une tour d’ivoire obsédée par la sécurité uniquement comme on voit à certains endroits. Pour éduquer les jeunes, il faut un réseau ouvert, connecté au réel, et non un vase clos avec des murs ou des filtres à outrance. Et ça, les services informatiques commencent à le comprendre à certains endroits, selon moi.

 

En terminant, quelques objections en lien avec certains arguments souvent utilisés :

Les dépendances :

-Des esclaves de la télé, ça existe. Des esclaves de n’importe quelle technologie, ça existe. Il faut donc contrer ces esclavages, les prévenir le plus possible, tout en étant conscient des avantages des technologies.

L’enseignement vs les apprentissages :

-On entend trop souvent : «Mais on est dans un milieu d’enseignement». Ce à quoi je réponds : «Eh oui ! Et on n’est pas dans un milieu d’apprentissage et/ou de réussite…?» Qu’est-ce qui est le plus important ? Une fois que nous aurons répondu à cette question, on pourra avancer.

 

Bref, selon moi, OUVERTURE ET ÉDUCATION, plutôt qu’interdiction et censure.

 

P.S.: Il faut de plus être conscient que, de plus en plus, le sensationnalisme médiatique fausse (à divers degrés selon les situations) le débat plus souvent qu’à son tour. En effet, de plus en plus de médias, soucieux de leurs cotes d’écoute avant toute chose, tombent dans ce sensationnalisme qui se répand trop souvent comme une trainée de poudre, rognant chaque jour un peu plus d’objectivité à l’information pure. Évidemment, aucun de ces concepts n’existe à l’état pur à 100% dans la nature (humaine). L’information comme l’opinion et le sensationnalisme se partagent toujours un évènement comme des gens se partagent une tarte. Reste juste à savoir qui réussit à s’emparer de la plus grosse portion. Et ça, ça ferait tout un… débat 🙂 !!!

C’est un peu comme les politiciens qui vivent un peu trop d’après les sondages et les cotes, eux aussi… Trop souvent.