Y en a marre de la désinformation – éducation au Québec

Ça fait un moment que la question me turlupine, voire m’exaspère, surtout quand j’entends telle ou telle connerie, niaiserie, chose de la part de la ministre, etc., etc.

Aujourd’hui, je retrouve cette lettre d’une collègue, affichée sur le babillard dans la salle des profs. J’ai tout de suite eu le goût de vous partager cette lettre, avec le consentement de l’auteure, bien sûr !

Voici donc la lettre d’Isabelle Arseneau, une jeune enseignante talentueuse et prometteuse, qui se décourage parfois comme nous tous devant certaines absurdités colportées à gauche et à droite, souvent sans mauvaise volonté, bien sûr également, mais pas tout le temps peut-être malheureusement !

PARENTHÈSE

J’en profite pour “ploguer” ici un autre texte génial, d’André Roux celui-là, qui a décidé de pondre ce fameux billet après presque 2 ans d’absence de la blogosphère (mais pas de la Twittosphère, par contre 😉

/PARENTHÈSE (fin de la)

Marre

Lettre d’Isabelle Arseneau à Claude Bernatchez, animateur du matin à la Première Chaîne de Radio-Canada.

«Bonjour M. Bernatchez,

Je vous écris, et c’est une première dans mon cas, en réaction à ce que j’ai entendu sur vos ondes concernant les déclarations de la Ministre sur ce que vous avez qualifié de «réforme de la réforme». J’étais très en colère, je le suis encore. Comment une représentante syndicale peut-elle défendre la situation des enseignants sans même être en mesure d’expliquer la différence entre une connaissance et une compétence? Ce bafouillage était non seulement une insulte pour tous les professionnels qui ont investi du temps à s’approprier ces termes, à ajuster leurs pratiques, mais c’était une preuve supplémentaire mettant en évidence l’incompréhension des détracteurs de cette dite réforme que je préfère nommer «Renouveau pédagogique».

Je suis une jeune enseignante du secondaire en science et technologie avec seulement quatre années d’expérience. Je suis aussi chercheure au CRIRES (Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire, à l’Université Laval) et je travaille justement sur des approches didactiques innovantes avec évidemment le développement de compétences comme finalité. Pour faire court, je considère avoir une excellente connaissance de ce renouveau pédagogique et je considère être compétente dans l’exercice de ma pratique. Je ne veux pas faire ici le procès de tous les maux de notre système éducatif, je veux simplement remettre certaines choses au clair. Il y en a marre de la désinformation par rapport à l’éducation!

D’abord, qu’on s’entende bien. La connaissance est nécessaire à la compétence. Il n’a donc jamais été question de mettre de côté les connaissances. Tous les enseignants que je côtoie n’ont jamais arrêté d’évaluer les connaissances! Bien au contraire. Ce qu’on demande maintenant c’est d’utiliser ces connaissances dans un contexte. C’est aussi de faire des liens, de poser un jugement, de vulgariser, etc. C’est une tâche certes plus complexe, mais qui donne un sens aux apprentissages et qui tend à former des citoyens compétents.

Prenons l’exemple que vous avez utilisé ce matin. Je ne suis pas formée en géographie, mais je peux vous expliquer que la connaissance des provinces canadienne est une chose, mais que savoir lire une carte en est une autre. Vous comprenez? Un autre exemple dans mon domaine disciplinaire, qui résume ce que je fais présentement avec mes élèves de troisième secondaire. Comme avant, l’élève doit connaître l’organisation cellulaire. Mais maintenant, il est amené à se positionner sur l’utilisation de biotechnologies comme la vaccination, l’utilisation du lait cru, l’utilisation de cellules souches ou autres sujets d’actualité lui permettant non seulement d’utiliser ses connaissances dans un contexte réel, mais aussi de se former comme citoyen responsable. Je pourrais vous expliquer longuement la grande pertinence de ce virage dans le système d’éducation, qui suit d’ailleurs une tendance mondiale. Le problème M. Bernatchez, c’est que même la Ministre de l’éducation a peine à comprendre ce qu’est la compétence.

Un dernier point, si je peux me permettre, concerne cette fâcheuse tendance à se concentrer sur le décrochage plutôt que sur la réussite, sur l’apprentissage, sur l’engagement étudiant, etc. Ce n’est pas en demandant aux enseignants de travailler le samedi qu’on règlera le problème. Leur tâche est déjà très lourde à porter. Il me semble évident qu’une des premières choses qui accroche un jeune à rester en classe, c’est un enseignant motivé et motivant qui cherche à diversifier ses approches pédagogiques stimulant ainsi tous les types d’apprenants. Le problème c’est que les jeunes enseignants, comme moi, aussi passionnés qu’ils peuvent l’être, mettent constamment en doute leur carrière dû au «bénévolat obligatoire» qu’on exige d’eux. La profession est sous-valorisée et la ministre se permet de faire de l’ingérence dans leur pratique. Est-ce que le Ministre de la santé dit aux médecins comment poser un diagnostique? Alors, pour quelles raisons Mme Courchesne se permet de dire aux enseignants comment évaluer leurs élèves quand visiblement elle n’a aucune idée de ce qu’est la compétence? L’exemple du retour aux chiffres en est le parfait exemple. Elle n’a pas non plus la vision du contexte de la classe et de ce que peut représenter le travail d’un enseignant au quotidien.

Je constate, oui, qu’il faut revisiter l’évaluation des compétences telle qu’elle se fait présentement, mais ce n’est pas nécessaire de revenir en arrière. Il y a de grandes choses qui se font dans les écoles M. Bernatchez et il faut arrêter de croire que tous les élèves du secondaire ont envie de décrocher. Plusieurs sont engagés dans leurs études et motivés (comme peut l’être un ado!) à venir en classe. Il faut se concentrer sur l’apprentissage, valoriser la réussite. Le problème est pris à l’envers. Plutôt que de monter une nouvelle marche on nivelle vers le bas. C’est bien dommage, surtout que le système est en train de drainer les jeunes enseignants motivés, déjà fatigués.

Merci pour votre lecture,
En espérant entendre une réponse aux propos tenus ce matin lors de votre émission,

Bonne journée,

Isabelle Arseneau
Enseignante de science et technologie»

Marc Prensky à Clair2010

Voici un résumé de la conférence de Marc Prensky qu’il a prononcée à Clair2010 fin janvier dernier.

Ce texte a d’abord été rédigé pour l’Infobourg, à la demande de Martine Rioux, par David Martel et moi.

Suivra une réflexion de ma part, que j’ajoute ici au texte original. Bonne lecture 🙂

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Prensky pendant sa conférence

C’est dans le cadre de la non-conférence (ou BarCamp) Clair 2010 : Pour voir l’éducation autrement – qui se déroulait les 28, 29 et 30 janvier 2010 – que près de 200 intervenants du monde de l’éducation ont pu entendre Marc Prensky, l’homme qui a inventé et popularisé les termes digital native (natif du numérique) et digital immigrant (immigrant du numérique).

Présenté par Mario Asselin, c’est avec une conférence ayant intitulée Engagez Moi ou Enragez Moi (Plus ça change plus c’est différent) que Prensky a énoncé ses idées pendant plus d’une heure trente à une foule plus qu’attentive. Il a d’abord exposé ses idées pour ensuite interagir avec six jeunes du C@HM (Centre d’Apprentissages du Haut-Madawaska), là où se déroulait Clair2010. Voici donc l’essentiel des propos de Marc Prensky, recueillis et “gazouillés” par Sylvain Bérubé et David Martel.

M. Prensky, dans un français impeccable, a d’abord parlé des changements technologiques qui se produisent à un rythme particulièrement rapide et dont on n’a aucune idée de jusqu’où ils peuvent nous mener. À vrai dire, les technologies changent et évoluent tellement rapidement que, pendant leur vie, les jeunes verront les technologies devenir 1 000 000 000 000 (1000 milliards) fois plus puissantes !

De leur côté, les jeunes suivent, mais les enseignants peinent à se tenir à jour. Ils doivent donc accepter d’apprendre en même temps que ces natifs, où même apprendre d’eux, plutôt que de sombrer dans une espèce de peur, même si celle-ci est normale au départ. En effet, devant ce changement, la plupart des gens vont vers l’avenir en regardant vers l’arrière, vers ce passé sécurisant auquel on peut être fortement tenté de s’accrocher. Ce “pied dans le passé” que conserve souvent l’immigrant du numérique lui confère un accent lorsqu’il intervient auprès des natifs.

En fait, il en a toujours été ainsi. L’homo sapiens a toujours développé des outils dont on ne peut plus se passer. L’ordinateur portable actuel peut parfois devenir chez certains une sorte de prolongement du cerveau. On combine cerveau et machines dans un mélange sans cesse renouvelé où on combine ce que fait bien le cerveau et ce que font bien les machines: Prensky appelle cela la sagesse “digitale” (numérique).

Pour illustrer le renouvellement des technologies, Prensky utilise les notions de verbes et de noms. Les premiers représentent les actions effectuées par un individu (communiquer, collaborer, écrire, etc.) alors que les seconds désignent les moyens utilisés pour y parvenir (lettre, courriel, télécopie, etc.). Les verbes sont à la base de l’instruction, mais les outils changent. Les jeunes devraient utiliser les noms les plus à jour pour apprendre. Par exemple, l’action de communiquer avec quelqu’un (le verbe) est restée la même, alors que les noms se sont succédé au fil du temps (le télégramme, la télécopie, le courriel, le SMS, etc.) Et en 2010, ce sont vers ces nouveaux noms que nous devons nous tourner. On apprend, on communique, mais avec de nouveaux moyens sans cesse en évolution.

Prensky mentionne qu’étant donné que les noms changent trop rapidement, il ne faut pas surinvestir dans un outil, car le changement est devenu trop rapide. Aujourd’hui, nous avons Twitter; demain nous aurons autre chose. Il faut donc demeurer très flexible afin de s’adapter aux changements et aux nouveaux noms. Cette réflexion s’est poursuivie lors d’un atelier le lendemain: on ne doit pas resté collé sur le T des TIC, mais se rendre jusqu’au C de la Communication ou, comme quelqu’un d’autre l’a souligné, jusqu’au A des Apprentissages.

Un autre élément primordial, selon Prensky, est la programmation que doivent apprendre les jeunes. Ils doivent programmer s’ils veulent créer, car créer dans un futur proche supposera une maitrise d’une forme de programmation ou l’autre. Le chercheur fait un parallèle intéressant en disant que les programmeurs d’aujourd’hui sont en quelque sorte les scribes d’autrefois. Il pose également quelques questions portant à réflexion: ne devrions-nous pas leur apprendre comment programmer pour créer? Faut-il encore apprendre l’écriture manuscrite? Faut-il former les jeunes pour demain ou affronter nos peurs afin de les former pour le reste de leur vie?

La peur du départ doit donc se transformer. Après tout, nous sommes face à des outils, des moyens, mais il nous faut les maitriser, apprendre à s’en servir, etc. Et apprendre, réaliser, communiquer, etc. Il y a 4 stades d’apprentissage des technologies:

1 – cacher ou nier;

2 – paniquer ou avoir peur;

3 – accepter;

4 – être confortable;

mais, selon Prensky, il faut aller plus loin:

5 – puissance !

Voilà comment Prensky finissait son allocution avant d’échanger avec six jeunes qui ont bravé les conditions météorologiques afin d’être quand même présents à cette journée pour montrer comment ils se servent de la technologie, non comme une fin, mais comme un moyen, un outil.

Il est aussi à noter que Mario Asselin et Roberto Gauvin ont pu s’entretenir avec Marc Prensky, l’avant-midi suivant sa conférence. Mario en donne un compte rendu ici.

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Personnellement, j’avais hâte d’entendre ce Marc Prensky dont j’avais souvent entendu parler.

En fait, malgré l’aspect de prime abord assez emballant de sa découverte principale (digital native vs immigrants), j’avoue que je demeurais quand même sur mes gardes concernant cette transformation du cerveau qui se produirait chez les jeunes et dont on n’a aucune preuve scientifique à ce jour.

Ici, j’avoue que Prensky a éludé un peu ce côté transformation du cerveau de son discours. L’homme est donc capable de revenir sur ses dires et de faire les nuances qui s’imposent: j’aime.

Pour le reste, il assiste comme nous à des transformations majeures et il pose de bonnes questions qui font réfléchir.

Conférence de Prensky: image saisissanteAvec un sens de la phrase-choc (sinon de l’image – ci-dessous), Prensky nous amène à observer certains faits comme l’accélération des développements technologiques: les outils, les MOYENS, qui servent à accomplir des ACTIONS (les verbes) qui existent depuis que l’humain existe…

Un changement d’une telle ampleur suscite bien entendu un grand sentiment d’insécurité, surtout chez les personnes qui s’adaptent moins rapidement, ou qui veulent être sûres de tout avant d’agir. Sauf qu’à la vitesse où les technologies évoluent, il nous faut, je pense, développer une certaine tolérance au Work in progress, ou, si l’on veut, développer une formidable capacité à réfléchir DANS l’action, ou encore, une capacité à rétroagir constamment, tout en avançant. Facile à dire…

Ce changement de paradigme est assez substanciel en soi et il suscite plusieurs tensions palpables aussitôt que l’on regroupe des gens d’une même institution ou autres. À mon avis, cette déstabilisation doit être pédagogique pour tous, en ce sens qu’on doit développer encore de plus en plus nos apprentissages au fur et à mesure de notre évolution dans cette sphère, qu’elle soit blogo, twitto ou autre 😉 ! Il nous faut apprendre… à apprendre dans un tel environnement.

La déstabilisation est un excellent moyen d’apprendre ! Quel prof n’a pas déjà déstabilisé sciemment ses élèves dans le but de susciter un questionnement et, de là, des apprentissages plus “sûrs” ?! Sauf qu’en vieillissant, l’être humain a souvent de plus en plus peur de la déstabilisation. Et pourtant ! Quoi de plus “équilibré”, qu’un funambule en apparence instable sur un fil de fer, qui oscille constamment d’un côté et de l’autre pour justement garder son équilibre: l’équilibre est donc quelque chose de vivant, et non statique ! Ces constants aller-retours gauche-droite du funambule illustrent bien ce que j’appelais ci-dessus la rétroaction constante avec laquelle on doit composer, ce work in progress constant. Le changement est la seule chose qui est stable, disait l’autre que je paraphrase un peu ici 😉 !

Quant à l’aspect développement de la programmation chez les jeunes qu’a abordé Prensky en fin de conférence, c’était pour moi l’élément de surprise de la conférence, puisque j’avais déjà entendu parler du reste plus ou moins en détail.

Et je me dis que c’est pas bête du tout: les jeunes, s’ils veulent “contrôler” ou maitriser ce nouvel environnement sans cesse changeant, doivent en apprendre les méandres, les points de contrôlabilité. Le programmeur agit sur son environnement technologique. Le simple utilisateur dépend des programmeurs… Et j’ajouterais qu’il y a plusieurs niveaux de programmation ! En plus !

Ma réflexion se poursuit…

Malaise dans le système…

Dimanche, je fus témoin, à distance (du moins physiquement, puisque pendant quelques minutes, j’ai pu me joindre au groupe via Skype), de la naissance de ce que le groupe a “auto-nommé” une TRIBU.

Le but de cette tribu est de réfléchir, mais surtout d’agir devant les besoins criants (et craints par Ze Système) qui sont constatés en éducation au Québec, principalement en ce qui concerne l’intégration des technologies de l’information et (surtout?) des communications. (François Guité disait aujourd’hui, avec justesse, sur Twitter que souvent, dans l’intégration des TIC, on “bloque” souvent à la lettre T)…

Mon premier réflexe en fut un de prudence (presque de recul), surtout devant le nom du “hashtag” utilisé pour les quelques gazouillis rédigés à cette occasion (#MesseTIC)… Peut-être est-ce causé par des expériences antérieures, mais le mot “messe” fait peut-être un peu trop référence à une religion (hors de laquelle, par définition ou “droit canonique”, il n’y a point de salut – mon bacc en théologie me sert peut-être un peu ici !!!), voire même à une secte. Or, être sectaire, c’est se condamner à l’isolement, social ou autre… (Mise à jour (avant même d’avoir fini d’écrire ce billet) : le hashtag MesseTIC devient TribuEdu, finalement !)

En même temps, toute religion est née au départ d’une espèce de secte, la différence entre secte et religion étant presque exclusivement une question de nombre d’adeptes… en tournant quelques coins un peu rond, je sais…

Hormis ces considérations sémantiques, une chose ressort très nettement malgré tout: il y a un profond malaise, ou encore une énorme distorsion temporelle entre le système d’éducation tel qu’on le connait (depuis quelques siècles !!!) et les besoins des étudiants (ou élèves, c’est pareil dans ce texte…)

Est-on en train d’assister à un clivage générationnel (pas nouveau, comme truc, que cela !), ou pire, à un clivage culturel engendré par une (r)évolution de notre société, amenée par tous ces moyens dits technologiques qui remettent en question la société dite “industrielle” qui “sévit” depuis plus de 2 siècles ?

Sincèrement, je pense que nous sommes à un tournant, mais qu’un système d’éducation, ça ne se tourne pas sur un 10 cennes, malheureusement, tandis que les réseaux sociaux supportés par la technologie (car ce n’est pas la technologie, mais beaucoup plus ses implications, collaboratives et autres !!!), eux, évoluent énormément plus vite que tout système, naturellement plus ou moins sclérosé, par définition, de par sa nature même, surtout que tout système tend naturellement (encore) à nier ce qui le remet en question…

Alors, si nous voulons évoluer et contrer le décrochage d’une génération au complet (au rythme où les stats évoluent), sommes-nous condamnés à attendre après un système qui réagira forcément beaucoup trop lentement et surtout trop tard ? Sommes-nous alors condamnés à développer des outils pertinents HORS système (conclusion à laquelle j’arrivais à la suite d’une réflexion collective en septembre 2007 – Vers l’éducation 2.0) ? Ou encore, sommes-nous (ceux qui réalisent l’urgence d’agir) plutôt condamnés à agir HORS système, mais tout en restant DANS le système, c’est-à-dire en se réseautant au plus vite entre nous, en créant des ponts entre nos classes ?

Mais pour que tout cela soit possible, compte tenu de la lourdeur actuelle de la tâche d’un enseignant, si on veut que toutes ces démarches puissent avoir l’ombre d’une chance de réussite, il va falloir des appuis en plus haut lieu. Les “simples profs” ne peuvent se déguiser en Atlas et porter tout le monde et ses changements sur leurs frêles épaules. Il va falloir que des entreprises éducationnelles ou technologiques ou autres leviers importants de ce genre prennent des risques avec ces enseignants volontaires, avec ces pionniers de ces nouveaux temps. (On ne dira pas le mot “modernes”, car le mot réfère à des temps devenus … anciens ;-)) Il va aussi falloir que nos directions décollent (!) d’une logique de contrôle dans laquelle certains sont encore empêtrés. (À ce sujet, lire l’excellent billet chez grisvert.com: leçon de gestion 101 ?)

Ces appuis nous sont devenus nécessaires. Et il va falloir s’en servir !

À suivre…

 

P.S.: Merci à Stéphane Brousseau et à Guillaume Payette qui, avant même que je n’aie complété la rédaction de ce billet, ont proposé TribuEdu pour le hashtag au lieu du MesseTic initial 😉 Décidément, les gars, vous lisiez mon brouillon par dessus mon épaule, malgré les quelque 150 ou 200 km qui nous séparent physiquement 😉

Colloque Génération C – ma (longue !) synthèse

MISES À JOUR (placées en début de billet, puisque la fin est trop loin ;-)) :

2009-10-23 : le lien vers le fichier PDF colligeant tous les gazouillis du colloque est fonctionnel.

2009-10-24–08:48 : Le lien a été mis vers la conférence de Danah Boyd de l’été dernier.

2009-10-27 : La vidéo réalisée par Ckétokoi.tv, présentée au colloque est ici. (Et à la fin de ce billet)

2009-10-27 : Ajout d’un lien vers une liste des gazouilleurs (Twitteurs) les plus “intenses” 😉

2009-11-17 : Voici un autre fichier PDF qui regroupe la PLUPART (certains sont malheureusement disparus dans le cyberespace, dû à mon irrégularité pour colliger ces précieuses données, j’en suis désolé…) des gazouillis publiés après le colloque, soit entre le 23 octobre et aujourd’hui, 17 novembre.

2009-11-17 : Finalement (ce devrait être ma dernière mise à jour ici ;-)), Félix et moi avons gagné chacun une veste Zap-Québec, remise le 11 novembre dernier aux 2 gazouilleurs qui ont été les plus prolifiques lors de ce colloque ! Merci beaucoup au CEFRIO et à Zap-Québec 🙂

Note de l’auteur : je ne pensais pas me rendre à plus de 2400 mots. À lire en prenant son temps 😉

Merci !

 

Mardi et mercredi, j’ai eu la chance de pouvoir assister au colloque organisé par le CEFRIO sur la Génération C (GenC ci-après, pour reprendre le libellé du tag Twitter utilisé pour l’occasion), génération C dont j’ai brièvement parlé ici.

Pour y assister, j’ai dû négocier (assez serré) le prix de mon inscription, car le coût initial apparaissait prohibitif pour quiconque oeuvre en éducation, cette sphère sociale archi-importante qui n’est malheureusement plus prioritaire chez nos dirigeants, et où, selon moi, se gaspillent de précieuses ressources financières (Autre “billet à venir” !!!). Merci ici à ma direction d’école et au CEFRIO pour tous les efforts faits à cet égard.

Le colloque s’ouvrait avec une conférence de Danah Boyd (@zephoria sur Twitter) dont on peut retrouver la trace d’une conférence similaire ici (Merci à Patrick Giroux pour le lien)- qui est une conférence assez apparentée à celle qu’elle nous a livrée au colloque, avec son débit ultra-rapide à la Louis-José Houde, pour reprendre les paroles de Mario Asselin à son égard ! Ici, les appareils permettant de se connecter à une traductrice ont été très appréciés, merci au CEFRIO d’avoir pensé à cela aussi 🙂

Par la suite, la fameuse étude du CEFRIO, concernant cette Génération C, a été dévoilée. Ici, j’avoue que j’espérais que ça aille un peu plus loin encore, par rapport aux grandes lignes qui avaient été véhiculées dans les médias, entre autres dans cette série de reportages de Taïeb Moalla dont j’ai parlé ici. Je réalise que je n’étais pas le seul à avoir plusieurs questions en tête: simplement relire les gazouillis publiés sur Twitter  aux alentours de la fin de l’avant-midi du 20 octobre pour s’en convaincre, ou télécharger le fichier PDF (plus de 300 pages !!!) que j’ai réalisé mercredi soir et qui réunit presque tous les gazouillis (incluant certains non pertinents, car genc est un mot dans une autre langue… le finnois ou ?)

Bref, une étude qui suscite encore plus de questions que de réponses. J’ai hâte de voir les détails que le CEFRIO publiera prochainement sur son site (Lien détaillé à venir ici)

ParticipDeCoteNCzSBr

En après-midi, un atelier fort couru, portant sur l’éducation, réunissait plusieurs des participants au colloque. François Guité (ancien collègue, maintenant du CTREQ), Roberto Gauvin, dynamique directeur d’école au CAHM (et principal organisateur de Clair2010), ainsi que Ronald Canuel (1 article trouvé ici), directeur de la CS Eastern  Townships en Estrie, CS célèbre pour son programme un élève-un portable, nous ont présenté leurs visions, nous amenant à réfléchir et à aller plus loin encore ! C’est la raison principale de mon inscription à ce colloque: utiliser ce tremplin pour me resituer et aller plus loin dans l’ACTION !

Nous avons pu conclure avec Francesc Pedro de l’OCDE qui, malgré la barrière de la faible maîtrise du français (qui a un peu “bogué” mon oreille de musicien – mon problème), nous a parlé des enjeux en éducation provoqués par les transformations sociales que nous font vivre ces technologies.

J’ai ensuite pu souper avec plusieurs “collègues” que je fréquente assidument sur le Net, mais que je vois beaucoup trop rarement en personne: je pense ici à Roberto Gauvin, Patrick Giroux, (qui a amené 2 de ses élèves-futurs profs, le 3e étant nommé plus loin ici), Stéphane Brousseau (+ici)qui était venu au colloque avec Luc Fournier ( que j’ai connu récemment), Mario Asselin, Carl-Frédéric DeCelles (CFD), ainsi que David Martel (futur enseignant prometteur), Jean-Sébastien Grenon sympathique personnage du CEFRIO et Sébastien Dubois de chétikoi.tv.

J’en profite ici pour souligner mes premières rencontres en personne (je n’emploie plus l’adjectif réel…) avec Isabelle-IsatrucÉtolane et Nathalie Couzon, entre autres, que je connaissais déjà via Twitter, ainsi que Denis François Gravel que j’ai connu lors de ce colloque et qui a pris d’excellentes photos, dont une figure ici ci-dessous.

 

 

CafeIcone

Le lendemain, j’ai débuté la journée par un manque de café, que j’ai pu clamer sur Twitter: non pertinent diront certains, mais au moins, c’était pendant l’activité “Éveil des neurones”, par Michel Dumais et quelques jeunes réunis sur scène. Alors c’était de mise 😉

Jennifer Okimoto (@JenOkimoto sur Twitter) nous a parlé des pratiques à adopter avec les transformations qui surviennent aussi dans le milieu des entreprises, etc. Ce que je retiens le plus ici, c’est l’aspect humain des rapprochements causés ou provoqués par ces technologies qui doit primer. Ça rejoint une des choses gazouillées la veille: les réseaux sociaux sont le côté humanisant de la technologie qui s’impose de plus en plus ! Et ça, selon moi, c’est une bonne nouvelle.

Par la suite, une table ronde réunissant quelques travailleurs ou étudiants appartenant à la Génération C. C’était bien, mais il y a eu quelques flous (révélateurs toutefois) concernant entre autres les syndicats. On s’est vite rendu compte que les syndicats sont plutôt mal vus par les gens GenC présents dans ce panel, soit par ignorance de la réalité syndicale, soit par manque de ressources pour rejoindre ces gens-là de la part des syndicats. Juste avant, j’avais envoyé un courriel à mes instances syndicales (La présidente et le VP de mon syndicat), juste pour leur mentionner qu’on est dû pour une bonne conversation concernant l’utilisation des technologies pour rejoindre tous les travailleurs de ce syndicat: l’ère du fax est terminée, réseautons tous ces gens ENSEMBLE ! Et changeons certaines façons monolithiques de concevoir les horaires de travail: toute une … réforme (!) à venir…

Un atelier sur l’éducation suivit. Hélène Martineau m’a beaucoup déçu, avec sa feuille de papier, touffue de petits caractères (Mes yeux sont “Génération X”, malgré mon comportement plutôt C ;-)), de sorte que j’ai décroché assez rapidement de son discours visant une intégration des technologies, alors qu’elle nous parlait d’utilisation simple, sans changement des pratiques pédagogiques ou presque, du moins dans sa façon d’amener ses propos… Utilisation du mot “intégration” à la place du mot “utilisation”. L’intégration suppose bien plus de transformations que ce qu’elle disait. Déception de la journée pour moi.

 

Kaçandre Bourdelais a été mieux, malgré l’imbroglio créé par Spaces (fonctionnalité parfois utile sur Mac OS X ;-)) dont les écrans ont tourbillonné d’intense façon en début de présentation.

 

Mario Asselin terminait avec un dynamisme et un ton volontairement provocateur concernant tous ces changements d’attitude nécessaires.

-En effet, Mario, et c’est pas moi qui va te contredire là-dessus, il faut parfois provoquer pour vaincre l’inertie de départ et cela est nécessaire: faut juste pas en rester là et tu le sais encore bien mieux que moi. Alors il nous faut forcer un peu sur l’énorme structure en place, question de la mettre en mouvement et espérer que le paquebot prenne le virage à temps !

On terminait le tout par un panel sur la sécurité des réseaux informatiques, sécurité nécessaire, mais presque toujours ultra-mal utilisée, car elle paralyse bien des initiatives et bien des co-constructions et autres collaborations. Bref, une sécurité souvent castrante, faite de censure arbitraire décidée par des services informatiques aux pouvoirs trop grands, qui ne sont plus au SERVICE des organisations, mais qui plutôt font des SÉVICES. Ça fait longtemps que je le dis, et j’étais donc heureux de trouver un appui chez plusieurs personnes présentes. On a tout un chemin à faire comme réflexion et ACTIONS à ce sujet dans toutes nos organisations.

 

ParticipVersDevantFx

En terminant: quelques réflexions, liens que j’ai faits entre certaines idées, etc. Comme toujours ici, c’est un work in progress constant, et j’aime ça comme ça.

1-Diffusion Twitter en direct et sans filtre sur écrans géants pendant les conférences et les tables rondes du colloque:

-merveilleuse idée, tellement Web2.0 ! Et en même temps grande ouverture des organisateurs qui acceptent ainsi de ne plus contrôler l’information. La démocratisation de l’information passe par là.

-Et si quelqu’un exagère, n’ayez crainte, c’est arrivé (!), alors la foule se charge de modérer la personne en public, très directement, celle-ci devant rapidement comprendre qu’elle est de trop si ses propos n’ont pas de sens avec ce qui est dit, ce qui n’est pas une question d’avoir ou non le sens de l’humour (facteur évoqué par le spammer pour tenter de se sauver la face, à mon avis), mais plutôt d’utilisation d’un service ouvert pour diffuser à tous ceux qui ne peuvent être là nos réflexions et notre co-construction en direct. Bel exemple d’intelligence collective à l’oeuvre ici !

-Cette diffusion m’a aussi permis de questionner ce que j’entendais, entre autres de la part de la ministre responsable des Services gouvernementaux au Québec, services qui font parfois pitié, faute de renouvellement des interfaces ou de contraintes fortement imposées aux développeurs lors de l’élaboration de celles-ci. Mario en a parlé et Denis François Gravel l’a très bien immortalisé dans cette photo, merci Denis François !

Denis François Gravel
Denis François Gravel

-Parlant de cette photo: on m’a presque accusé (sans me connaitre et sans savoir qui a envoyé ce gazouillis)  d’être un m’as-tu-vu , dans le 5e commentaire chez Mario (voir ce billet): je demanderais à cette personne si elle est visible sur le web ou pas, ce qui aiderait à comprendre… (et le ferai sur le blogue de Mario) en premier lieu, et lui dirai aussi que j’ai pesé le pour et le contre avant de diffuser, mais que je ne peux m’empêcher de bousculer un peu les paradigmes en place qui paralysent l’action, et parfois la démocratie elle-même ! Alors j’assume entièrement le rôle que je me suis donné à ce moment, sachant que je suis capable de nuancer mes propos par la suite et de m’expliquer à qui me le demandera 🙂

 

2- Génération C, une question d’âge, vraiment ?

-Premier constat: certains “C” se passaient des commentaires sur … du papier ! … et certains X gazouillaient à qui mieux mieux – dans mon cas, j’ai embarqué dans la dynamique à fond… (Parait même que j’ai gagné un concours dont je ne savais absolument rien, étant celui qui a le plus gazouillé… assez loin devant un certain Félix bien connu !)

Il y a donc des X et des Y qui ont intégré pour plusieurs toutes les facettes d’une technologie…

Parlant des Y, certains se sont sentis plus ou moins coincés entre l’âge théorique des X (Pour une fois que ce ne son tpas les X coincés entre les BabyBoomers et les Y ;-)) et l’âge théorique des C, selon les chiffres de l’étude du CEFRIO.

Au fil de mes réflexions gazouillées, j’ai fini par en conclure que, peut-être bien que oui, en majorité, les C sont plus jeunes que les X ou les Y, MAIS, et c’est primordial comme approche, il y a des gens de tous âges qui ont intégrés ou qui intègrent les technologies et qui s’en servent sous une forme dite collaborative, etc.

Ce changement d’approche permet de ne plus isoler les générations entre elles, mais plutôt de favoriser le réseautage intergénérationnel le plus possible, et ça, j’adore !

On parlera donc plus d’un changement important de mentalité, plutôt que d’un inutile et stérile conflit intergénérationnel dont la polarisation paralyse plutôt qu’elle ne fait avancer ! C’est évident que tous n’ont pas suivi les technologies et que tous ne les adopteront pas de façon uniforme, mais comme disait Roberto : «Les banques n’ont pas attendu que ma grand-mère soit prête avant d’implanter (voire même d’imposer) les guichets automatiques !»

Alors vive les C, peu importe leur âge 😉

 

3-Éducation et intégration véritable des TI(C)(E)(S) –

(le S étant de François Guité, signifiant le côté Social des TI, j’y reviens plus loin…)

En éducation, on parle souvent d’intégrer les TI ou les TIC (ou encore les TICE (encore une lettre de plus !) en France, là où on parle plus longtemps, parait-il ;-)) Mais souvent, on confond la simple utilisation des TI avec une intégration véritable, qui suppose, elle, une démarche pédagogique complètement revisitée, un changement complet de paradigme en d’autres mots !

Pour intégrer, avec tout ce que ça implique, les TI à l’éducation, il faut cesser (les profs, comme tous les autres aussi) de considérer les profs comme les détenteurs absolus de LA connaissance.

Avec l’avènement de l’imprimerie, on a démocratisé la lecture (Ça aura pris quelques siècles, mais bon…) Avec l’avènement des TI (qui date d’un peu plus de 10 ans à peine, si on considère l’implantation sur une plus large échelle d’Internet), on démocratise la connaissance ET la production de contenu. Par là même, on démocratise encore plus le pouvoir, ce qui fait forcément (très) peur à ceux qui le détiennent dans un système dit traditionnel où on peut à peu près tout contrôler…

Tous ne sont pas prêts à prendre ce nouveau pouvoir qui se glissent entre leurs mains (au bout des doigts sur un clavier !). Mais les profs, les éducateurs, ceux qui forment les gens qui oeuvreront dans le futur, eux, ont TOUT un rôle à jouer dans cette galère: celui d’éveiller à l’esprit critique, celui d’aider à se construire chacun une façon de penser, et se développer des aptitudes pour préciser et bien exposer cette pensée, sachant combien les perceptions peuvent devenir écran de brouillard à l’expression de sa pensée !

 

4-Technologies et humanité

-Le développement des réseaux sociaux a non seulement multiplié “à l’exponentielle” le nombre d’adeptes des technologies, mais (et l’un ne va pas sans l’autre à mon avis) a humanisé ces technologies qui, autrement, seraient restées un “truc de geeks”, un truc pour spécialisés en informatique, tout simplement. L’approche de plus en plus user friendly des technologies ne suffisait pas. Il aura fallu susciter les échanges, reproduisant ainsi des comportements humains, les extensionnant en quelque sorte, pour que les technologies se répandent à ce point… et qu’elle suscitent en même temps d’autres façons de faire peut-être pas si différentes, hormis qu’elles soient devenues complètement planétaires maintenant et qu’elles ont démocratisé bien des chasse-gardées… En gros, on a annihilé la dichotomie entre ce qu’on appelait le réel d’une part et le virtuel de l’autre. Voilà l’essentiel du changement qui remet en question beaucoup de façons de faire: on donne le contrôle à tous, il faut alors éduquer à ce pouvoir, sinon, l’anarchie complète nous guette et c’est aussi ce qui ferait peur à certains…

-En même temps, il faut arrêter d’utiliser les technologies selon l’ancien paradigme, celui du pouvoir des experts technologues ou technocrates qui décrètent souvent des barrières de façons arbitraires. La démocratisation de ce pouvoir est là pour rester, à nous de s’en servir à bon escient et de susciter la participation intelligente du plus grand nombre possible !

-Si l’éducation veut garder son rôle, il est grand temps d’AGIR. Le colloque aura été un tremplin nous permettant de réfléchir pour mieux passer à l’action ! C’est toujours mon objectif dans ce genre de perfectionnements. Et j’ai embarqué dans le train de ce colloque complètement, gazouillant intensément les liens que je faisais avec ce que j’entendais, etc., tout en échangeant avec des personnes présentes.

L’ACTION ici commence par une mise en place de la transformation des mentalités tout autour de nous… Beau programme 🙂  GO !

 

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MISE À JOUR : 2009-10-27–20h17

La vidéo réalisée par Chétikoi.tv, à propos de la Génération C
 

Malbouffe et écoles – jusqu'où aller ?

(Plus de 2 semaines sans écrire ici… je me néglige… au profit de Twitter qui permet de hacher le temps plus menu. Justement, nous nous posions la question hier, une blogueuse et moi… Billet à venir, mais quand, je ne le sais pas !)

Sur Twitter, donc, en fin de semaine, entre deux bonnes bouffées de soleil chaud, presque trop chaud pour moi (je sais, je suis chiâleux à mes heures ;-)) nous avons eu une discussion à ce sujet: la malbouffe qu’on enraye dans les écoles à grands renforts de reportages quasi-publicitaires, ou de campagnes de promotion, si on considère que le gouvernement appelle les journalistes en premier lieu pour une conférence de presse 😉

On a conclu qu’il valait mieux éduquer d’abord que de réagir avec des interdits, concernant la malbouffe à l’école. Et ça peut s’appliquer à bien d’autres “domaines” également !

Car ce n’est pas en interdisant qu’on apporte le remède à tous les maux de la Terre, loin de là. En interdisant la malbouffe à l’école, on favorise son attrait chez les ados attirés par les interdits, on favorise les repas pris tout juste à l’extérieur des murs de l’école, là où poussent les McDo (qui incarne le Mal par excellence – voir dessin – , même s’il est loin d’être seul !) comme des champignons vénéneux…

Est-ce à dire qu’il ne faille pas éduquer du tout, ne pas encadrer quoi que ce soit à l’école, tout permettre au nom d’une sorte de liberté qui n’en est alors plus une ? Je ne le crois pas, et je n’étais pas le seul dans la discussion qu’on a eue sur Twitter à ce propos. On ne peut tout permettre dans l’école et c’est l’évidence même. On a fait sortir les produits de la compagnie Coca-Cola qui avait eu le monopole des machines distributrices dans toutes les écoles de ma Commission scolaire il y a quelques années et on en est bien contents. MAIS…

Mais sommes-nous vraiment sûr que la malbouffe est disparue à jamais. N’a-t-on, dans les faits réels, qu’enlevé le “paraître”, ce qui est bon pour l’image de la maison d’éducation, ce qui est bon pour le gouvernement (ou le gouverne+ment, c’est selon…), et ce, au détriment de la réalité, plus sournoise, mais tout ausi efficace ? La malbouffe, est-ce vraiment mal ? (Ça peut dépendre de la définition qu’on en donne aussi…) N’est-ce pas plutôt l’abus qui tue ? (Même à petit feu)

Le vrai noeud du problème est-il seulement la malbouffe ? ou l’éducation de base ? ou la façon avec laquelle on “fabrique” les aliments au Canada ? Ou les 3 !!!

L’éducation de base ne peut être suppléée par l’école ou le “bon gouvernement”. L’État ou l’école ne peuvent remplacer l’éducation faite d’ABORD et AVANT TOUT par les PARENTS: c’est in-dé-ni-a-ble, point. On peut l’appuyer, cette éducation, mais encore faut-il qu’elle ait été faite au départ, ce qui n’est peut-être pas le cas pour tous les enfants, par rapport à la malbouffe. Que fait-on aussi des enfants qui mangent ce qu’ils peuvent quand ils peuvent ? Trop de questions restent ici sans réponse, même si on a parfois idée du début de cette réponse… L’image des pouvoirs en place en souffrirait trop, alors on préfère taire le tout, au détriment du réel, celui qu’on ne voit pas tout le temps ou qu’on se refuse de voir dans certains milieux…

La façon avec laquelle on “traite” (J’ai écrit “fabrique” ci-haut) les aliments au Canada est un phénomène encore plus insidieux ! Le Canada, qui est supposé être le “plus meilleur” pays du monde, est aussi celui qui laisse inclure la plus grande quantité de SEL dans les aliments, surtout les préparés, achetés en épicerie ou au resto. Pire qu’aux USA, le pays du… sucre (le sucre raffiné, s’entend !). Ce que les “gestionnaires” (plutôt que politiciens?) du Canada n’ont pas encore compris, c’est que cette sur-quantité de sel a des coûts sociaux énormes, quand les mangeurs de sel que nous sommes arrivons à un certain âge: problèmes cardiaques en tête, multiples pontages coronariens, etc. (Personnellement, j’ai vraiment pris conscience du phénomène quand mon père a été “frappé”, il y a plus de 2 ans et demi.) Mais comme on n’aime donner aux gens que ce qu’ils aiment, on vise la satisfaction à court terme, quitte à payer plus tard, ou plutôt, faire payer les générations suivantes, bien entendu…

Trop facile, ce genre de gestion à courte vue 🙁
Trop déprimant aussi, à moins de vouloir à tout prix demeurer une autruche, la tête bien enfoncée dans le sable pas bitumineux…